30 septembre 2026

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Cameroun : comment la cession du permis Thali à Prime va relancer l’exploitation pétrolière nationale

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Le Cameroun franchit un cap historique dans son secteur pétrolier avec l’approbation présidentielle de la cession de 42,5% du permis offshore Thali à Prime Global Energies. Cette opération, bien que partiellement finalisée sur le plan administratif, promet de bouleverser l’équilibre économique du pays. Avec un investissement de 15 millions de dollars dédié au forage du puits d’appréciation NJOM-3, cette transaction pourrait redéfinir les perspectives énergétiques nationales et attirer de nouveaux acteurs sur le marché.

Pour Tower Resources, opérateur britannique du permis, cette alliance revêt un caractère vital. Plombée par une trésorerie squelettique de seulement 66 583 dollars au 30 juin 2026, face à des dettes courantes dépassant 2,91 millions de dollars, la compagnie mise sur ce partenariat pour relancer ses activités et honorer ses engagements financiers. La finalisation de cette transaction conditionne désormais l’avenir même du projet Thali, dont les retards accumulés menacent la crédibilité du Cameroun auprès des investisseurs internationaux.

Un feu vert présidentiel sans garantie de mise en œuvre immédiate

L’autorisation accordée par le palais d’Étoudi ne suffit pas à garantir la concrétisation de l’opération. Selon les documents internes de Tower Resources, une copie de la lettre présidentielle a été transmise aux autorités compétentes, dont le ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (Minmidt) et la Société nationale des hydrocarbures (SNH). Reste à finaliser l’arrêté prolongeant la période d’exploration et à formaliser le transfert des parts. Sans ces actes administratifs, la cession de 42,5% du permis Thali restera lettre morte.

Cette incertitude administrative survient dans un contexte où le Cameroun accumule les retards dans ses projets pétroliers. Le forage du puits NJOM-3, initialement prévu au premier trimestre 2027, a déjà été repoussé au deuxième trimestre. Le manque de moyens financiers a systématiquement freiné les ambitions nationales, malgré les ressources potentielles du sous-sol camerounais. La venue de Prime Global Energies pourrait inverser cette tendance, à condition que les procédures administratives suivent.

Prime Global Energies, un partenaire technique au passé solide

Spécialisée dans l’amont pétrolier et gazier, Prime Global Energies (anciennement Eni Pakistan Limited, puis Prime Pakistan Limited jusqu’en décembre 2024) apporte une expertise reconnue. Son affiliation avec le groupe italien Eni lui confère une légitimité technique qui pourrait rassurer les autorités camerounaises. Pour Tower Resources, l’apport de Prime va bien au-delà d’un simple financement : il s’agit d’un engagement concrets dans des travaux techniques coûteux, incluant l’ingénierie, la planification et la logistique nécessaire au forage de NJOM-3.

Les 15 millions de dollars promis par Prime couvriront non seulement les coûts du forage, mais aussi une partie des dépenses capitalisées depuis juin 2026, estimées à 453 000 dollars dans les comptes semestriels. Une fois le forage achevé, des financements supplémentaires seront nécessaires pour les tests et le développement commercial du gisement, si les résultats s’avèrent prometteurs.

NJOM-3 : un calendrier réaliste ou un report inévitable ?

Jeremy Asher, PDG de Tower Resources, a confirmé que le forage de NJOM-3 débutera au plus tôt en avril 2027. Une date plus précoce n’est pas exclue, mais la direction préfère adopter une approche prudente. La sélection de la plateforme de forage est en cours, bien que Tower Resources ait décidé de ne pas communiquer sur ce point avant la signature des contrats définitifs. Des équipements logistiques essentiels, dont un système de suspension de puits, sont déjà stockés à Douala, prêts à être déployés dès que les conditions techniques et financières seront réunies.

Une opération vitale pour Tower Resources et l’économie camerounaise

Pour Tower Resources, cette transaction est une question de survie. Avec une trésorerie insuffisante pour financer seule le forage et les études associées, la compagnie doit impérativement finaliser cette cession ou trouver d’autres sources de financement. L’enjeu dépasse le cadre d’un simple projet pétrolier : il s’agit de prouver que le Cameroun reste un environnement attractif pour les investisseurs, malgré les défis administratifs et financiers persistants. Si l’accord est parachevé, NJOM-3 pourrait devenir le symbole d’une nouvelle dynamique pour le secteur énergétique camerounais.

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