12 mai 2026

Transport routier au Mali : des compagnies suspendent leurs liaisons vers Bamako

Tensions à Bamako après des attaques jihadistes en avril 2026

Crise au Mali : les compagnies de transport routier boycottent Bamako sous la menace jihadiste

Une dizaine de sociétés de transport routier ont interrompu leurs liaisons avec Bamako, alors que des groupes armés imposent un blocus autour de la capitale malienne et multiplient les attaques ciblant les véhicules.

Le Mali traverse une période de forte instabilité depuis les attaques coordonnées menées les 25 et 26 avril par des membres du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), affilié à Al-Qaïda, et par des éléments du Front de libération de l’Azawad (FLA). Ces assauts visaient des positions stratégiques tenues par la junte militaire au pouvoir.

Un blocus routier qui paralyse la capitale malienne

Depuis le 30 avril, les groupes armés ont instauré un blocus routier autour de Bamako, bloquant plusieurs axes majeurs qui relient la ville aux autres régions du pays. Cette situation met en péril l’approvisionnement de la capitale, entièrement dépendante des importations par voie terrestre.

« Nous avons décidé de suspendre nos activités pour éviter de mettre en danger nos passagers et limiter nos pertes financières », a expliqué à l’AFP le responsable d’une entreprise de transport ayant subi la perte de six bus lors d’incidents survenus samedi sur la route de Ségou, au centre du Mali.

Des compagnies de transport en retrait, mais des minibus toujours en circulation

Plus d’une dizaine de compagnies ont officiellement annoncé l’arrêt de leurs trajets vers Bamako. Cependant, certaines ont choisi de ne pas communiquer leur décision par crainte de réactions autoritaires, comme l’explique un professionnel du secteur sous couvert d’anonymat. Si les grands transporteurs ne circulent plus sur les six principaux axes menant à la capitale, des minibus continuent d’y accéder par des itinéraires secondaires.

Pénuries critiques à Bamako : carburant, électricité et eau en tension

Les conséquences du blocus se font déjà sentir dans les rues de Bamako. Des files d’attente se forment devant les stations-service, où le gasoil est devenu quasi introuvable depuis plusieurs semaines. Samedi, les autorités ont annoncé avoir reçu plus de 700 citernes de carburant en provenance de Côte d’Ivoire via l’axe routier Bamako-Abidjan. Parallèlement, les jihadistes ont incendié plusieurs convois de marchandises ainsi que des bus de transport ces derniers jours.

Le réseau électrique de la capitale malienne subit également de fortes perturbations. « Nous avons vécu 72 heures sans électricité. Le courant est revenu le quatrième jour pendant trois heures, puis a de nouveau été coupé », témoigne un habitant de Bamako. La société Énergie du Mali (EDM) a évoqué un « incident » responsable de ces dysfonctionnements, tandis qu’un cadre de l’entreprise, préférant garder l’anonymat, a attribué ces actes à des sabotages perpétrés par des « terroristes » ciblant délibérément les infrastructures électriques.

En outre, les délestages fréquents perturbent la distribution d’eau potable dans plusieurs communes de la ville, comme l’a indiqué dimanche la Société malienne de gestion de l’eau potable.

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