Disparition forcée au Burkina Faso : deux défenseurs des droits humains portés disparus
Disparition forcée au Burkina Faso : deux défenseurs des droits humains portés disparus
Disparition forcée au Burkina Faso : deux défenseurs des droits humains portés disparus
Appel urgent – l’observatoire
BFA 002 / 0525 / OBS 022
Enlèvement / Disparition forcée
Burkina Faso
L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains, partenariat entre la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), lance un appel urgent concernant la situation critique au Burkina Faso.
Contexte des disparitions forcées
Amadou Sawadogo et Miphal Ousmane Lankoandé, respectivement cadre du mouvement citoyen « Balai citoyen » et sociologue, font partie des dernières victimes de cette répression. Le Balai citoyen, créé en août 2013, milite pour une société juste et transparente au Burkina Faso.
Le 20 mars 2025, Amadou Sawadogo a été convoqué au service régional de la sûreté de l’État à Ouagadougou pour ses critiques sur les réseaux sociaux. Interrogé et contraint de révéler des domiciles de militants, il a disparu dès le lendemain après une seconde convocation.
Miphal Ousmane Lankoandé a été enlevé le 30 mars 2025 devant son domicile à Ouagadougou, alors qu’il revenait de Cotonou où il participait à une formation pour activistes. Des hommes armés se faisant passer pour des gendarmes l’ont kidnappé devant son épouse. Aucune information n’a été transmise malgré les demandes répétées des avocats.
À ce jour, leur localisation et leur sort restent inconnus. Leurs familles et collègues sont sans nouvelles.
Un climat de répression généralisée
L’Observatoire rappelle que d’autres membres du Balai citoyen ont subi des arrestations arbitraires. Me Guy Hervé Kam, avocat et cofondateur du mouvement, a été arrêté en violation des règles de l’UEMOA et est actuellement détenu arbitrairement. Rasmané Zinaba et Bassirou Badjo, enrôlés de force dans l’armée, restent au front malgré une décision de justice.
Cette répression s’étend aux journalistes. Guezouma Sanogo, Boukary Ouoba et Luc Pagbeguem, enlevés le 24 mars 2025, ainsi que Kalifara Sere, Serges Oulon et Bayala Adama, disparus depuis juin 2024, illustrent cette stratégie de musellement.
Un contexte alarmant
Depuis 2022, deux décrets présidentiels permettent la réquisition forcée de toute personne âgée de plus de 18 ans. Ces mesures sont utilisées pour cibler les défenseurs des droits humains et les opposants politiques. Le Comité des Nations unies contre les disparitions forcées a exprimé ses préoccupations en 2024 sur ces pratiques au Burkina Faso.
L’Observatoire condamne fermement les enlèvements d’Amadou Sawadogo et Miphal Ousmane Lankoandé, visant uniquement à les punir pour leurs engagements légitimes.
Appel à l’action
L’Observatoire exige des autorités militaires burkinabè :
- La protection immédiate d’Amadou Sawadogo et Miphal Ousmane Lankoandé ainsi que de tous les défenseurs des droits humains ;
- La révélation de leur localisation et leur libération inconditionnelle ;
- La fin des disparitions forcées et des enrôlements forcés ;
- L’arrêt de tout harcèlement judiciaire contre les défenseurs des droits humains et les journalistes ;
- Le respect des libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression et d’association, conformément aux articles 19 et 22 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et aux articles 9 et 10 de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples.
Adresses pour agir :
- Capitaine Ibrahim Traoré, Président de la Transition du Burkina Faso : Twitter @CapitaineIb22
- Jean-Emmanuel Ouédraogo, Premier Ministre du Burkina Faso : Twitter @J_E_Ouedraogo
- Edasso Rodrigue Bayala, Ministre de la Justice : Email [email protected]
- Jean Marie Karamoko Traore, Ministre des Affaires étrangères : Email [email protected], Twitter @JeanMarieTraore
- Commission Nationale des droits humains du Burkina Faso : Email [email protected], Twitter @BurkinaCndhX
- Sabine Bakyono Kanzie, Mission permanente du Burkina Faso à Genève : Email [email protected]
- Oumarou Ganou, Représentant permanent du Burkina Faso à l’ONU : Email [email protected]
- Ambassade du Burkina Faso auprès de l’Union africaine : Email [email protected]
L’Observatoire invite à contacter ces autorités pour exiger la libération d’Amadou Sawadogo et Miphal Ousmane Lankoandé et la fin des pratiques répressives.
L’Observatoire, partenariat FIDH-OMCT, agit pour protéger les défenseurs des droits humains. Ces deux organisations sont membres de ProtectDefenders.eu, mécanisme européen dédié aux défenseurs des droits humains.
Contact urgent :
• Email : [email protected]
• Tél FIDH : +33 1 43 55 25 18
• Tél OMCT : +41 22 809 49 39
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