22 juin 2026

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Cameroun : vers une gestion révolutionnaire des déchets avec l’économie circulaire

Le Cameroun mise sur l’économie circulaire pour révolutionner la gestion des déchets

Une ambition claire et chiffrée : porter les investissements dans l’économie circulaire à l’équivalent de 2 % du budget national d’ici 2030. Ce projet ambitieux s’appuie sur la Feuille de route nationale Cameroun 2025-2035, élaborée par le ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), qui trace la voie vers une gestion durable des ressources et une valorisation optimale des déchets.

Selon les projections du Minepat, les dépenses liées à l’économie circulaire atteindront 62,8 milliards de FCFA en 2025, tandis que la gestion des déchets absorbera près de 30 milliards de FCFA supplémentaires. Un cumul qui représente 1,27 % du budget national cette année-là. L’objectif ? Atteindre les 2 % d’ici 2030, soit une hausse de plus de 53 milliards de FCFA par rapport aux dépenses actuelles, sur la base des prévisions budgétaires 2025.

Des défis colossaux face à une production de déchets en explosion

Cette stratégie s’appuie sur un constat alarmant : le Cameroun génère environ 6 millions de tonnes de déchets chaque année, principalement issus des ménages, des marchés, des services publics et des entreprises. Pourtant, le système actuel de gestion des déchets reste largement insuffisant, avec un taux de collecte moyen plafonnant à 50 % et un taux de recyclage inférieur à 10 %.

À Yaoundé et Douala, la production de déchets devrait même dépasser les 2,8 millions de tonnes annuelles d’ici 2040, aggravant la pression sur des infrastructures déjà débordées. Plusieurs lacunes persistent : absence de tri à la source, valorisation quasi inexistante des déchets, déficit criant d’infrastructures de collecte et de traitement, manque de données fiables et capacités institutionnelles limitées.

La pollution plastique représente un autre défi majeur. Chaque jour, près de 1 300 tonnes de déchets plastiques sont rejetées dans l’environnement, tandis que seulement 250 tonnes sont collectées mensuellement et à peine 180 tonnes sont recyclées. Une situation qui illustre l’urgence d’agir.

Réformes structurelles et investissements massifs pour transformer la filière

Pour relever ces défis, les autorités camerounaises prévoient une refonte en profondeur du secteur. Parmi les mesures phares : l’adoption d’un décret intégrant les principes de l’économie circulaire dans les chaînes de valeur, la révision de la législation environnementale, le renforcement des administrations de contrôle et une clarification des rôles entre les acteurs sectoriels et les collectivités locales. La création d’une Agence nationale de gestion des déchets est également à l’étude.

Côté infrastructures, le plan prévoit la construction ou la modernisation de centres de tri, de centres de transfert et de décharges conformes aux normes internationales. Des équipements de collecte seront renforcés, tandis que des biodigesteurs et des unités de compostage seront installés pour valoriser les déchets organiques.

Le gouvernement compte aussi sur des mesures incitatives pour stimuler le recyclage communautaire, lancer des campagnes de sensibilisation au tri à la source et lutter contre les dépotoirs sauvages. La formation et l’innovation dans les métiers du recyclage seront également soutenues.

Un financement mixant fonds publics, privés et internationaux

Le financement de cette transition ne reposera pas uniquement sur les ressources publiques. Plusieurs leviers sont envisagés : une fiscalité communale renforcée sur les déchets, un système obligatoire de responsabilité élargie des producteurs pour financer collecte et recyclage, et le développement de la Bourse nationale des déchets, déjà opérationnelle. Cette plateforme numérique facilitera les échanges de matières recyclables et favorisera l’émergence d’un marché dynamique des déchets valorisables.

Des partenaires internationaux majeurs pourraient également contribuer à ce projet, notamment la Banque africaine de développement (BAD), l’African Circular Economy Facility, la Banque mondiale, l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) et plusieurs agences des Nations unies.

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