Silence inquiétant autour de l’absence de Paul Biya au Cameroun
Ce qui devait être une escapade européenne de courte durée pour le président Paul Biya s’est transformé en une disparition inquiétante. Depuis son départ le 7 juin 2026 en compagnie de son épouse, aucune rentrée officielle n’a été enregistrée. Après plus de quarante jours d’absence, le Cameroun reste sans réponse, tandis que le silence des autorités alimente les spéculations les plus diverses.
Cette absence prolongée, qui contraste avec les habitudes d’un homme au pouvoir depuis plus de quarante ans, interroge bien au-delà des frontières du pays. Le Cameroun, dirigé par un chef d’État qui a bâti sa réputation sur des séjours prolongés à l’étranger, notamment en Suisse, voit ses citoyens s’interroger sur la gestion d’un pouvoir aussi distant.
Des absences répétées qui divisent la population camerounaise
Les Camerounais, habitués aux longues absences de leur président, commencent pourtant à montrer des signes d’agacement. Comment un pays peut-il fonctionner lorsque son dirigeant passe davantage de temps dans des hôtels luxueux en Europe plutôt qu’à Yaoundé, au palais d’Etoudi ? Les questions fusent : qui assure réellement la gouvernance ? Qui prend les décisions en l’absence du président réélu en novembre 2025 pour un nouveau mandat ?
Les critiques se multiplient, notamment au sein de l’opposition. Jean Michel Nintcheu, figure de la contestation, a même sollicité le Conseil constitutionnel pour constater une éventuelle vacance du pouvoir. Une réaction immédiate du camp présidentiel a fusé : « Le Lion n’est pas parti », a affirmé le directeur de la propagande duRDPC, le parti au pouvoir, balayant d’un revers de main les inquiétudes légitimes.
Un système politique figé dans le temps
Le Cameroun de Paul Biya reste un cas unique en Afrique. Avec un président de 93 ans et une santé déclinante, le pays semble fonctionner en mode automatique. Depuis son investiture en novembre 2025, aucune nouvelle équipe gouvernementale n’a été nommée. Joseph Dion Ngute, Premier ministre depuis janvier 2019, dirige toujours un gouvernement inchangé, comme si le temps s’était arrêté.
Les Camerounais observent aussi avec perplexité la gestion des institutions. Malgré une révision constitutionnelle en avril dernier ayant rétabli le poste de vice-président, celui-ci reste vacant. Aucun signal n’est donné pour combler ce vide institutionnel, renforçant l’impression que le pays est dirigé par une main invisible.
Un mystère sanitaire et politique
L’absence de communication officielle nourrit les rumeurs les plus folles. Dans un pays où la santé du chef de l’État est classée secret d’État, impossible d’obtenir des informations fiables. Les Camerounais, privés de toute explication, en sont réduits à spéculer sur l’état réel de Paul Biya, tandis que l’appareil répressif veille au grain pour étouffer les voix dissidentes.
Les absences répétées de Paul Biya soulèvent une question fondamentale : le Cameroun peut-il encore être dirigé par un homme qui passe plus de temps hors de ses frontières qu’à l’écoute de son peuple ? Pour ses détracteurs, la réponse est claire : le pays fonctionne en pilotage automatique, sans véritable leadership.
Alors que les Camerounais attendent toujours des éclaircissements, le message des autorités reste limpide : il n’y a rien à voir, tout va bien. Pourtant, derrière cette façade rassurante, l’inquiétude grandit, et le mystère autour de l’absence du président camerounais s’épaissit chaque jour un peu plus.