25 mai 2026

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Romuald Wadagni prend les rênes du Bénin à Cotonou ce 24 mai

Ce dimanche 24 mai, Romuald Wadagni officialise sa prise de fonction en tant que président de la République du Bénin à Cotonou, neuf semaines après sa victoire électorale du 12 avril. L’ancien ministre des Finances, figure centrale du régime sortant, succède à Patrice Talon après deux mandats marqués par une gestion économique rigoureuse et une réduction drastique de l’espace politique. La cérémonie se tient en présence d’une quinzaine de délégations internationales, dans un contexte régional marqué par des bouleversements géopolitiques majeurs.

Une transition politique sous haute surveillance

Romuald Wadagni, qui a dirigé le ministère de l’Économie et des Finances depuis 2016, incarne la continuité des réformes structurelles initiées sous l’ère Talon. Son accession à la magistrature suprême consolide une gouvernance fondée sur l’austérité budgétaire et les investissements ciblés, ayant valu au Bénin une reconnaissance croissante sur la scène financière internationale. Pourtant, cette passation de pouvoir intervient dans un contexte politique tendu, après une élection présidentielle boycottée par l’essentiel de l’opposition.

Sur le plan économique, les indicateurs restent positifs : croissance annuelle supérieure à 6 %, industrialisation accélérée des filières cotonnières et soja, et accès privilégié aux marchés obligataires internationaux. Wadagni, acteur clé de ces transformations, devra désormais concilier rigueur financière et élargissement des retombées sociales pour répondre aux attentes d’une population en quête de prospérité.

L’AES à l’investiture : un message fort de réconciliation

La présence des représentants de l’Alliance des États du Sahel (AES) — Mali, Niger et Burkina Faso — parmi les invités de marque retient particulièrement l’attention. Cette initiative diplomatique intervient après une année de tensions sans précédent entre Cotonou et Niamey, notamment autour du conflit lié au pipeline transportant le pétrole nigérien vers le port de Sèmè-Kpodji. L’invitation adressée aux juntes sahéliennes symbolise une volonté de réchauffement des relations, alors que la CEDEAO voit trois de ses membres s’en éloigner pour former une nouvelle alliance.

Pour le nouveau président béninois, cette ouverture représente un double enjeu : sécuriser les zones frontalières du nord, exposées aux incursions terroristes dans les parcs de la Pendjari et du W, et garantir la fluidité des échanges logistiques essentiels à l’économie régionale. Le port de Cotonou joue en effet un rôle pivot pour l’approvisionnement de l’hinterland sahélien.

Sécurité, économie et défis à relever

La sécurité constituera le premier défi du quinquennat. Les régions de l’Alibori et de l’Atacora subissent depuis 2021 une escalade des attaques djihadistes en provenance du Sahel, poussant Cotonou à renforcer ses dispositifs militaires et à recruter massivement. La réactivation partielle de la coopération avec Niamey s’avère cruciale pour contrôler cette frontière de plus de 260 kilomètres.

Sur le front économique, Wadagni devrait maintenir le cap de l’industrialisation impulsée autour de la Zone économique spéciale de Glo-Djigbé, projet phare visant à capter une part croissante de la transformation textile ouest-africaine. La préservation de la crédibilité du Bénin sur les marchés, la gestion de l’endettement souverain et la consolidation de l’agence Présidence-Investissement figurent parmi les épreuves à surmonter. Ces choix détermineront non seulement la trajectoire du pays, mais aussi la légitimité d’un modèle politique fondé sur l’expertise technocratique.

Enfin, la question démocratique reste en suspens. La société civile, plusieurs partenaires internationaux et une frange de la diaspora attendent du nouveau chef de l’État des gestes d’ouverture, qu’il s’agisse de la situation des opposants exilés ou de la révision des règles électorales. Les mots prononcés lors du discours d’investiture, prononcé ce dimanche au palais des Congrès de Cotonou, seront analysés avec une attention particulière.

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