Romuald Wadagni : nouveau président du Bénin, une ère de stabilité s’ouvre
Romuald Wadagni, fraîchement élu à la tête du Bénin avec un score historique de 94 % des suffrages lors du scrutin présidentiel du 12 avril, incarne désormais l’espoir d’une nouvelle dynamique pour le pays. Face à lui, son unique adversaire, Paul Hounkpe, n’a pu rivaliser, tandis que les forces politiques adverses ont finalement scellé une alliance inattendue avec la majorité parlementaire en place.
La cérémonie d’investiture, marquée par une affluence record de plus de 6 000 personnalités, a rassemblé des figures majeures de l’État, des membres du corps diplomatique ainsi que deux anciens présidents : Nicéphore Soglo et Thomas Boni Yayi. Parmi les invités d’honneur, la présence du Premier ministre nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine a été interprétée comme un geste symbolique fort, visant à apaiser les tensions récentes entre le Bénin et son voisin.
Un engagement fort pour la stabilité et la cohésion nationale
Dans le cadre de la Constitution révisée en 2025, la durée du mandat présidentiel passe désormais à sept ans, tout en maintenant la limite de deux mandats consécutifs. Romuald Wadagni, cinquième président depuis le retour à la démocratie en 1990, a prêté serment sous le regard de la présidente de la Cour constitutionnelle, Dorothe Sossa. Lors de son discours inaugural, il a réaffirmé sa volonté de préserver l’ordre constitutionnel, de consolider la paix intérieure et de renforcer l’unité nationale, promettant de servir les citoyens avec rigueur et transparence.
« Le Bénin ne pliera ni devant la peur ni devant la facilité, a-t-il déclaré. Notre gouvernement agira avec détermination contre toute menace pesant sur la sécurité ou l’intégrité du territoire. »
Outre les défis sécuritaires, le nouveau chef de l’État a souligné l’importance de consolider les relations avec les pays voisins, notamment ceux dirigés par des régimes militaires comme le Niger et le Burkina Faso, dans un contexte régional marqué par des instabilités persistantes.
Un parcours marqué par l’expertise économique et la continuité
Arrivé au pouvoir dans une période de croissance économique soutenue, le Bénin doit cependant faire face à des disparités sociales croissantes et à des risques sécuritaires dans sa partie septentrionale. Avant d’embrasser une carrière politique, Romuald Wadagni a exercé des fonctions de haut niveau au sein du cabinet Deloitte, l’un des leaders mondiaux de l’audit et du conseil.
Nommé ministre de l’Économie et des Finances dès l’arrivée de Patrice Talon en 2016, puis reconduit en 2021 avant d’occuper le poste stratégique de ministre principal, il a joué un rôle central dans les réformes économiques du pays. Les mesures fiscales qu’il a impulsées ont permis de réduire le déficit public à environ 3 % du PIB, un résultat salué par les observateurs.