22 juin 2026

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Révision constitutionnelle en RDC : l’Église catholique s’oppose fermement au projet de Félix Tshisekedi

La coalition Article 64, vent debout contre la modification de la Loi fondamentale en République démocratique du Congo (RDC), bénéficie désormais d’un appui de poids. La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a exprimé un rejet sans équivoque de ce projet politique. Pour les prélats, cette initiative vise uniquement à permettre au président Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat, au mépris des limitations constitutionnelles actuelles. L’institution religieuse avertit que cette manœuvre fait peser un péril grave sur l’unité nationale.

Un avertissement solennel face aux risques de déstabilisation

L’Église catholique souligne que toute tentative de passage en force expose le pays à des menaces majeures, incluant le spectre de la balkanisation. Appelant les citoyens à la vigilance, les évêques exhortent le peuple congolais à se lever pour protéger son avenir. La CENCO interpelle directement Félix Tshisekedi, l’invitant à respecter son serment constitutionnel et à préserver les acquis démocratiques. Reste à savoir si cet appel à la sagesse sera entendu par le sommet de l’État.

Cette prise de position intervient dans un climat tendu, alors que le Parlement vient d’adopter une loi ouvrant la voie à un référendum constitutionnel. Si le pouvoir semble déterminé à poursuivre sa feuille de route, l’entrée en scène de l’Église change la donne. Bien que les ecclésiastiques affirment ne pas agir pour le compte de l’opposition, leur discours rejoint celui des détracteurs du régime, créant une pression politique inédite sur les décideurs congolais.

Le spectre des contestations passées plane sur la présidence

Félix Tshisekedi se retrouve dans une position délicate. En tant qu’artisan de la paix sociale, l’Église ne peut rester muette face à un projet jugé potentiellement crisogène. Le chef de l’État connaît d’ailleurs très bien l’influence de la CENCO : c’est cette même institution qui avait largement contribué à bloquer les velléités de maintien au pouvoir de son prédécesseur, Joseph Kabila, en 2017. Ironie du sort, celui qui avait alors profité de ce combat démocratique se retrouve aujourd’hui interpellé par les mêmes autorités morales.

Face à une opposition déjà mobilisée et parfois durement réprimée lors de récentes manifestations, l’appel des évêques à de futures actions pourrait sérieusement perturber l’agenda présidentiel. Dans un pays déjà meurtri par les conflits armés dans l’Est et confronté à des défis sanitaires comme l’épidémie d’Ebola, une nouvelle crise politique liée à la Constitution pourrait s’avérer dramatique pour la stabilité nationale. Pour Félix Tshisekedi, l’heure est au choix : maintenir son projet au risque du chaos ou privilégier l’apaisement de la Nation.

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