7 mai 2026

L’ONU alerte sur la régression démocratique et les libertés au Mali

Les Nations Unies, par l’intermédiaire de leur Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk, ont récemment manifesté une profonde inquiétude concernant la situation au Mali. M. Türk a particulièrement souligné une « intensification de la répression » ciblant la société civile malienne, parallèlement à l’absence persistante de processus électoral.

Elections suspendues et répression : l'ONU tire la sonnette d'alarme sur la situation au Mali

L’organisation mondiale a renouvelé son appel à la vigilance. Le Haut-Commissaire Volker Türk a fermement critiqué la suspension prolongée des élections au Mali, ainsi que l’accroissement de la répression envers les acteurs de la société civile. Il a exprimé sa crainte que « les législations promulguées au cours des derniers mois ne menacent durablement le respect des droits humains sur le territoire malien ». En conséquence, le Haut-Commissaire a pressé « les autorités de transition d’agir concrètement et sans délai pour révoquer ces dispositions légales controversées ».

Un cadre de pouvoir illimité et des arrestations ciblées

En juillet dernier, le général Assimi Goïta, qui dirige la junte malienne depuis 2021, a promulgué une loi lui conférant un mandat présidentiel d’une durée indéfinie, le positionnant ainsi de facto comme chef d’État. Pour Volker Türk, « ces évolutions législatives ont, pour un avenir prévisible, barré la voie à tout scrutin démocratique au Mali, contredisant le droit fondamental de chaque citoyen à s’engager dans la vie publique, à voter et à être éligible lors d’élections régulières et authentiques. Leur abrogation rapide est impérative ».

Deux mois auparavant, en mai, la dissolution des partis politiques avait déjà été prononcée, une décision dont le sort repose actuellement entre les mains de la Cour Constitutionnelle.

Cesser l’instrumentalisation du système légal

Parallèlement, plusieurs personnalités éminentes, qu’il s’agisse de membres de la société civile, comme l’activiste anti-corruption Clément Dembélé, ou d’anciens dirigeants politiques, à l’instar de l’ancien Premier ministre Choguel Maïga, ont été interpellées. Le Haut-Commissaire a exprimé une « profonde inquiétude » face à « l’accroissement notable des détentions de citoyens maliens de toutes strates sociales, souvent sous des chefs d’accusation vagues d’atteinte à la dignité de l’État, simplement pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression ». Il a instamment demandé la libération immédiate et sans condition de toutes les personnes arbitrairement incarcérées. « Cette utilisation détournée de la loi pour réprimer la dissidence doit cesser immédiatement », a-t-il conclu.

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