Le Tchad prend son envol avec l’innovation des drones civils
Le Tchad a récemment été le théâtre d’une initiative majeure pour l’avenir technologique du pays avec la tenue de la première édition du Café Drone. Cet événement novateur, organisé par Tech Africa, Tchad FlyingLabs, WeRobotics, en collaboration avec le Centre National de Recherche pour le Développement (CNRD), s’est déroulé le 25 juin 2026 dans les locaux du CNRD à N’Djamena. L’objectif principal était d’explorer « Les opportunités liées aux drones civils ».
Cette rencontre visait à mettre en lumière l’importance et les multiples applications des drones dans des secteurs vitaux pour le Tchad, tels que l’agriculture, l’élevage, et la gestion des parcs et réserves naturelles. Hassan Abderamane était présent pour couvrir cet événement.
L’ère des drones au Tchad : une réalité actuelle
Lors de son discours, le directeur général du CNRD, Pr. Mahamoud Youssouf Khayal, a souligné le caractère inédit de cette réunion, rassemblant pour la première fois à N’Djamena des acteurs nationaux et internationaux des technologies aériennes sans pilote au sein d’une institution dédiée à la recherche et au développement. Il a affirmé que les drones ne représentent plus une simple vision futuriste, mais bien une technologie concrète et disponible. Le Pr. Khayal a insisté sur la pertinence exceptionnelle des drones pour le Tchad, compte tenu de son vaste territoire, de ses défis logistiques, de ses besoins croissants en données géospatiales et de la nécessité d’une réponse rapide face aux crises.
Relever les défis pour maximiser les bénéfices
Pour que le Tchad puisse tirer pleinement parti de cette technologie prometteuse, le Pr. Mahamoud Youssouf Khayal a identifié plusieurs défis cruciaux à surmonter :
- Le cadre réglementaire : Trouver l’équilibre entre la sécurisation de l’usage des drones et l’encouragement de l’innovation.
- La formation : Préparer les jeunes aux métiers de demain en développant des programmes de formation adaptés.
- L’intégration : Favoriser la collaboration entre les institutions, les opérateurs privés et les chercheurs pour une synergie efficace.
Le directeur général du CNRD a exprimé sa gratitude envers les partenaires – Drone Tech Africa, Tchad FlyingLabs, WeRobotics – pour leur engagement et leur initiative. Il a également salué la présence d’experts ayant déjà transformé ces technologies en solutions opérationnelles. Il a encouragé les participants à saisir cette occasion unique pour enrichir leurs connaissances, forger de nouveaux partenariats et établir les fondations d’une feuille de route nationale. « La recherche n’est pas une activité lointaine. Elle est ici, au cœur de nos préoccupations quotidiennes. Et les drones en sont une illustration parfaite », a-t-il affirmé. Le Pr. Khayal a aussi remercié les équipes du CNRD pour leur mobilisation exemplaire et les partenaires techniques et financiers ayant soutenu le projet.
Innovations et applications concrètes des drones
Les présentations des intervenants ont offert un aperçu des applications pratiques des drones :
- Mahamat Issa Abakar, directeur de Drone Tech Africa, a partagé les résultats de recherches menées au Burkina Faso, ainsi que des études agronomiques réalisées dans la province du Guéra, notamment à Mongo, Baro et Tabo. Un projet agricole féminin y a été filmé par drone afin d’analyser les pratiques face à la résilience climatique, avec l’objectif d’augmenter le rendement agricole de 30 % grâce à l’intégration des drones.
- Ali Mahamoud, chef de service au CNRD, a détaillé l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la recherche et l’intérêt des drones pour prévenir les conflits entre agriculteurs et éleveurs, souvent exacerbés par la sécheresse, le manque d’eau et le changement climatique. Il a également mis en avant le rôle des drones dans la surveillance de la faune au parc national de Zakouma, le suivi des couloirs de transhumance, la prospection minière et la recherche d’or, soulignant l’importance de ces outils pour la collecte de données statistiques précises.
- Le Dr Djimassal, chargé de recherche, a apporté des précisions sur l’exploitation des satellites pour capter des images spatiales. Ces données permettent de visualiser les végétations, les fleuves, les forêts claires, les habitations, les savanes arbustives et herbacées, les zones de pâturages et les fourrés, en particulier dans la région septentrionale. Il a démontré en détail l’interprétation de ces images pour analyser diverses ressources, lacs et forêts naturelles.
Ces présentations ont été suivies d’un panel de discussion dynamique, permettant aux participants d’échanger sur l’importance et les multiples facettes de l’utilisation des drones dans une variété de domaines.