30 juin 2026

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Le Gabon face à l’évaluation mondiale sur la corruption

Depuis le 29 juin, Libreville accueille une mission d’évaluation du deuxième cycle du Mécanisme d’examen de la Convention des Nations Unies contre la corruption (CNUCC). Pendant trois jours, experts internationaux et autorités gabonaises passent en revue les dispositifs de prévention de la corruption et de recouvrement des avoirs. Pour le vice-président du Gouvernement Hermann Immongault, le président de la CNLCEI Nestor Mbou et le point focal national de l’ONUDC Séraphin Ondoumba, cet exercice constitue une étape décisive pour consolider la gouvernance de la Ve République.

Le Gabon s’engage dans un nouvel exercice international visant à mesurer les progrès accomplis dans la lutte contre la corruption. Ouverte le 29 juin à Libreville, la mission réunit les représentants de l’ONUDC, des experts du Tchad et de la Libye, ainsi que l’ensemble des administrations concernées.

Présidant la cérémonie d’ouverture, Hermann Immongault a affirmé que « la qualité de la gouvernance est devenue l’un des premiers déterminants du développement, de la stabilité des institutions et de la confiance des citoyens », faisant de cette évaluation un rendez-vous stratégique pour la crédibilité internationale du Gabon.

Lutte anti-corruption, pilier des réformes de la Ve République

Pour Hermann Immongault, la lutte contre la corruption est désormais un pilier de la transformation engagée depuis l’avènement de la Ve République. « Depuis la Cinquième République, le Gabon a entrepris une transformation profonde de son action publique, reposant sur une exigence simple mais fondamentale : restaurer durablement la confiance entre l’État et les citoyens en consolidant des institutions plus transparentes, plus responsables et davantage tournées vers les résultats », a-t-il déclaré.

Le vice-président du Gouvernement a rappelé que la corruption ne constitue pas seulement un risque pour les finances publiques. « Elle affaiblit les institutions, fragilise le contrat de confiance entre citoyens et État, décourage l’investissement, ralentit la croissance et nourrit les inégalités », a-t-il insisté. À ses yeux, la transparence est désormais un facteur de compétitivité économique. Il a souligné que la bonne gouvernance n’est plus un simple idéal démocratique, mais un avantage stratégique pour les nations aspirant à une croissance durable et à une prospérité partagée.

Nestor Mbou : « Le Gabon s’inscrit dans une profonde transformation institutionnelle »

Prenant la parole à son tour, Nestor Mbou, président de la Commission nationale de lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite (CNLCEI), a replacé cette mission dans le contexte des réformes engagées par les plus hautes autorités. « Cette mission revêt une importance particulière pour la République gabonaise, car elle intervient dans une dynamique de transformation institutionnelle profonde portée par les plus hautes instances de l’État et de renforcement de la redevabilité dans la gestion des affaires publiques », a-t-il déclaré.

Nestor Mbou a rappelé les orientations fixées par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, lors de son discours devant le Parlement réuni en Congrès le 15 juin dernier. Il a cité le chef de l’État : « Avant le coup de libération du 30 août 2023, la corruption endémique, le clientélisme et une mauvaise gouvernance érigée en principe coexistaient avec un niveau de pauvreté élevé. »

Pour Mbou, cette déclaration traduit une volonté politique claire d’affronter les causes profondes des dysfonctionnements qui ont longtemps fragilisé l’action publique. Il a également rappelé une autre orientation majeure : « Désormais, notre pays mérite des institutions fortes, crédibles, une gouvernance assainie, plus en phase avec les normes internationales en matière de respect des droits humains, des libertés fondamentales, de la démocratie et de l’État de droit. » Selon lui, ces orientations sont désormais « le fondement de l’action des institutions publiques engagées dans la prévention et la lutte contre la corruption ».

Séraphin Ondoumba appelle à un exercice de vérité et de coopération

En tant que point focal national de l’ONUDC, Séraphin Ondoumba a souhaité la bienvenue aux experts internationaux, saluant l’esprit de coopération de cette mission. « Pour la République gabonaise, cet exercice est d’une importance particulière. Il traduit l’engagement constant de notre pays à respecter les obligations découlant de la Convention des Nations Unies contre la corruption et à renforcer les mécanismes nationaux de prévention, de détection et de répression des actes de corruption », a-t-il indiqué.

Le point focal a rappelé que les travaux porteront principalement sur les mesures préventives et le recouvrement des avoirs, deux volets essentiels pour renforcer l’État de droit et protéger les ressources publiques. Il a lancé un appel à toutes les administrations mobilisées pour que ce dialogue-direct soit « un moment de vérité, de progrès et d’engagement renouvelé au service de la bonne gouvernance, de la transparence et de l’intérêt général ».

Trois jours pour évaluer les progrès et renforcer la coopération internationale

Au-delà de l’examen des textes, les autorités gabonaises souhaitent faire de cette mission un véritable espace d’amélioration des politiques publiques. Comme l’a souligné Nestor Mbou, « il ne s’agit pas simplement d’évaluer un dispositif juridique ou institutionnel, mais aussi d’identifier les bonnes pratiques, de reconnaître les progrès accomplis, de mesurer les défis restants et de bénéficier de recommandations concrètes pour accélérer la mise en œuvre de notre stratégie ».

Pendant trois jours, les experts internationaux échangeront avec les administrations, les juridictions, les autorités administratives indépendantes, les organes de contrôle et les représentants de la société civile pour évaluer le niveau d’application de la Convention des Nations Unies contre la corruption.

À travers cette évaluation, le Gabon entend démontrer que la lutte contre la corruption n’est plus seulement un impératif juridique, mais constitue désormais un axe stratégique de gouvernance, de modernisation de l’État et de renforcement de son attractivité auprès des investisseurs et des partenaires internationaux.

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