6 mai 2026

Le front uni des états du Sahel lance des frappes aériennes au Mali

Mali

La force conjointe de lutte antiterroriste, unissant le Niger, le Burkina Faso et le Mali, a conduit d’« intenses campagnes aériennes » sur le territoire malien. Cette intervention fait suite aux attaques perpétrées par des jihadistes liés à al-Qaïda et des séparatistes touaregs, a annoncé le gouvernement nigérien tard jeudi.

Au cours du week-end, des groupes jihadistes et leurs alliés séparatistes touaregs ont lancé la plus vaste offensive au Mali depuis près de quinze ans. Ils ont notamment pris le contrôle de la ville stratégique de Kidal, dans le nord du pays, et causé la mort du ministre de la Défense, Sadio Camara.

Ces trois nations du Sahel – le Mali, le Burkina Faso et le Niger – constituent l’Alliance des États du Sahel (AES). Cette alliance a initialement formé une force conjointe de 5 000 hommes pour combattre les groupes jihadistes, effectif qui a été porté à 15 000 à la mi-avril.

Les autorités nigériennes ont « salué… la réponse rapide et vigoureuse des unités de la force unifiée… qui ont mené d’intenses campagnes aériennes dans les heures suivant les attaques lâches du 25 avril 2026 à Gao, Ménaka et Kidal », a déclaré le gouvernement du Niger jeudi soir après une réunion du conseil des ministres.

Quelques heures après le début des hostilités, Mohamed Elmaouloud Ramadane, porte-parole des rebelles touaregs maliens du Front de Libération de l’Azawad, avait enjoint le Burkina Faso et le Niger à « rester en dehors des événements en cours au Mali ».

Les trois nations membres de l’AES sont toutes dirigées par des juntes militaires, arrivées au pouvoir par des coups d’État entre 2020 et 2023.

Les assauts contre la junte militaire malienne et ses soutiens paramilitaires russes ont plongé cette ancienne colonie française dans une crise sécuritaire majeure.

Le ministre de la Défense du Burkina Faso, Célestin Simporé, s’exprimant au nom de l’AES, a promis lors des funérailles de Camara jeudi de « pourchasser » les « assassins ».

Solidarité régionale affichée

Un rassemblement d’environ un millier de personnes a eu lieu le même jour dans la capitale nigérienne, Niamey, pour exprimer leur « solidarité avec le peuple malien », comme en témoignent les images diffusées en direct sur les réseaux sociaux.

La foule, réunie au Centre Culturel Djado Sékou, a scandé des slogans tels que « à bas les impérialistes », « à bas les terroristes et leurs sponsors » et « vive l’AES », tandis qu’une photographie de Camara était brandie au-dessus des participants.

Effred Mouloul, représentant d’une coalition de groupes de la société civile organisatrice de l’événement, a déclaré: « Au peuple malien, nous disons: ‘Vous n’êtes pas seuls, les forces vives du Niger et de l’AES se tiennent à vos côtés et expriment leur pleine et entière solidarité.' »

Il a par ailleurs reproché aux dirigeants africains le « manque total de solidarité visible face à l’assassinat ciblé » de leaders maliens et a plaidé pour le retrait de la présence française du territoire de l’AES.

Les autorités nigériennes ont accusé des puissances étrangères, notamment la France, de soutenir les attaques du week-end au Mali. Le Niger a réitéré ses accusations contre la France de chercher à le déstabiliser, une allégation que Paris rejette fermement.

Pour des raisons de sécurité, le gouvernement nigérien a annulé les défilés du 1er mai prévus dans tout le pays.

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