15 août 2026

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Khalifa Sall exige la transparence des déclarations de patrimoine au Sénégal

La transparence financière des dirigeants publics revient au cœur de l’actualité au Sénégal. Khalifa Sall, ancien maire de Dakar et leader du mouvement Taxawu Sénégal, a récemment pris position pour une publication systématique des déclarations de patrimoine des hauts responsables de l’État. Une prise de parole qui s’inscrit dans un contexte politique marqué par les promesses de moralisation publique portées par les nouvelles autorités issues de l’élection présidentielle de mars 2024.

Khalifa Sall défend une transparence patrimoniale renforcée

Pour Khalifa Sall, rendre publiques les déclarations de patrimoine des élus et des hauts fonctionnaires ne relève pas uniquement d’une démarche administrative. Selon lui, cette transparence est un levier essentiel pour rétablir la confiance entre les citoyens et leurs dirigeants. En tant que figure de proue de l’opposition, il considère que cette mesure permettrait de réduire les suspicions d’enrichissement illicite qui pèsent souvent sur la classe politique sénégalaise. Son intervention intervient alors que le pouvoir en place, dirigé par le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko, a fait de la reddition des comptes un pilier de sa politique.

Cette prise de position stratégique permet à Khalifa Sall de se positionner comme un acteur aligné sur les aspirations citoyennes à une gouvernance plus vertueuse, tout en évitant d’être perçu comme en décalage avec les attentes populaires. Une posture qui renforce son image de leader responsable, capable de concilier critique et engagement pour une meilleure transparence.

Une loi existante, mais rarement appliquée

Le cadre légal sénégalais encadre déjà les déclarations de patrimoine. Depuis 2014, une loi impose aux plus hauts responsables de l’État, y compris le chef de l’État, de déposer leur déclaration auprès de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC). Cette obligation s’applique en début et en fin de mandat pour le président de la République. Cependant, ces documents restent strictement confidentiels, ce qui limite considérablement leur utilité pour le contrôle citoyen.

Le débat actuel porte donc moins sur l’obligation de déclaration que sur l’accès du public à ces informations. Plusieurs acteurs de la société civile et du monde politique plaident pour un passage à un système de publicité, inspiré des pratiques en vigueur dans certaines démocraties européennes ou latino-américaines. L’objectif ? Permettre aux citoyens de jouer pleinement leur rôle de contrôleurs de l’action publique.

Un tournant politique autour de la transparence

La question de la transparence patrimoniale est devenue un enjeu politique majeur. Dès son investiture en avril 2024, le président Bassirou Diomaye Faye a rendu publique sa propre déclaration de patrimoine, un geste salué comme une rupture avec les pratiques passées. Depuis, la pression s’exerce sur les autres responsables, qu’ils soient ministres, députés ou dirigeants d’institutions publiques, pour qu’ils adoptent la même démarche.

L’adhésion de figures de l’opposition ou d’anciens caciques à cette exigence de publicité pourrait redessiner les équilibres politiques. En soutenant cette initiative, Khalifa Sall se place dans une dynamique de responsabilité, tout en conservant une liberté de critique sur la manière dont le pouvoir met en œuvre sa politique de transparence. Une position qui illustre parfaitement l’équilibre recherché par un opposant expérimenté, cherchant à éviter l’écueil d’un rôle purement contestataire.

La concrétisation de ces intentions dépendra désormais du calendrier législatif. Une réforme de la loi de 2014 ou l’adoption d’un nouveau texte rendant les déclarations accessibles au public nécessitera un consensus au Parlement. Avec une majorité renforcée issue des législatives anticipées de novembre 2024, le pouvoir en place dispose d’une opportunité historique pour faire avancer cette réforme. Reste à savoir jusqu’où les autorités souhaiteront aller dans cette logique et dans quelle mesure les autres forces politiques accepteront de s’engager dans une transparence totale.

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