Alger et Niger boostent leur alliance énergétique avec le forage de kafra sud-est 1
Alger et Niamey unissent leurs forces pour dynamiser leur coopération énergétique
Dans une volonté affirmée de concrétiser leur rapprochement bilatéral, l’Algérie et le Niger viennent de franchir une étape majeure avec le lancement officiel du forage du puits d’exploration Kafra Sud-Est 1. Cette opération historique, supervisée par le Premier ministre algérien Sifi Ghrieb et son homologue nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine, s’inscrit dans une dynamique de renforcement des liens stratégiques entre Alger et Niamey.
Une visite symbolique au cœur du projet
Accueilli par le gouvernement nigérien sur le site de forage, situé dans le Nord du Niger, à près de 85 kilomètres de la frontière algérienne, Sifi Ghrieb a souligné l’importance de cette initiative pour les deux nations. « Nous posons aujourd’hui une nouvelle pierre à l’édifice de notre partenariat stratégique », a-t-il déclaré lors de la cérémonie, rappelant que ce projet intervient peu après l’inauguration de la centrale électrique de Niamey.
Cette visite s’inscrit dans le prolongement des engagements pris par les présidents Abdelmadjid Tebboune et Abdourahamane Tiani, visant à transformer leur vision politique en actions concrètes. Les conclusions de la deuxième session de la Grande commission mixte algéro-nigérienne, tenue en mars 2026, ont en effet tracé la voie à une coopération renforcée, notamment dans les secteurs énergétique et industriel.
Kafra Sud-Est 1 : un projet d’envergure pour Sonatrach
Le forage de Kafra Sud-Est 1 représente bien plus qu’une simple opération technique. Pour Sonatrach, il s’agit d’un projet à forte valeur symbolique et stratégique, destiné à évaluer le potentiel pétrolier de la région et à préparer d’éventuels développements futurs. Plusieurs filiales du groupe algérien y participent activement : Enafor coordonne les moyens logistiques, ENSP apporte son expertise en services aux puits, tandis que ENG intervient dans les opérations géophysiques.
Brahim Hammoudi, PDG d’Enafor, a réaffirmé l’ambition de son entreprise : « Consacrer notre présence au Niger dans une perspective de coopération durable ». Ce projet offre à Sonatrach l’opportunité de démontrer son savoir-faire international tout en consolidant son implantation dans la région.
Vers une coopération industrielle approfondie
Le partenariat ne se limite pas à l’exploration. Un mémorandum d’entente signé entre Enafor et la Sonidep nigérienne prévoit l’étude d’une joint-venture dédiée au forage. Cette initiative pourrait marquer le début d’une collaboration industrielle durable, fondée sur le transfert de compétences et la formation des ressources locales. Pour le Niger, cette alliance représente une chance de bénéficier de l’expertise algérienne, tandis que l’Algérie renforce sa position sur le marché nigérien des hydrocarbures.
Selon Rabah Bouchak, directeur de SIPEX au Niger, Sonatrach prévoit le forage de quatre puits dans le Nord du pays d’ici deux ans. Ces opérations permettront d’affiner l’évaluation des ressources potentielles et de préparer les phases ultérieures de développement.
Sonatrach : une expansion africaine ambitieuse
Le projet Kafra Sud-Est 1 s’inscrit dans une stratégie plus large de développement de Sonatrach sur le continent. Déjà présent en Libye, le groupe algérien voit dans le Niger un nouveau terrain d’expansion pour ses activités. Cette coopération ne se limite pas à l’exploration : elle inclut également des services pétroliers, le transfert de connaissances et la création de partenariats industriels pérennes.
Avec cette initiative, l’Algérie et le Niger franchissent une nouvelle étape vers une alliance énergétique durable. Après la mise en service de la centrale électrique de Niamey, le secteur des hydrocarbures devient un pilier supplémentaire de leur coopération, illustrant leur volonté commune de faire de l’énergie un levier de développement partagé.