8 septembre 2026

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Au Togo, une facture diplomatique de 2 millions pour une carte africaine contestée

Alors que le Togo traverse une période économique délicate, marquée par une cherté de vie croissante, les choix budgétaires du gouvernement en matière de politique étrangère déclenchent une vague de critiques. Selon des évaluations basées sur l’étude des documents officiels et des contrats d’influence, l’initiative diplomatique visant à promouvoir la « nouvelle carte de l’Afrique » auprès des Nations unies aurait coûté environ 2 millions de dollars américains, une somme prélevée sur les fonds publics.

Durant de nombreux mois, les services diplomatiques togolais ont mené une campagne intensive pour faire aboutir ce projet cartographique. Cependant, derrière les discours vantant le « rayonnement diplomatique du Togo », l’analyse des dépenses révèle l’utilisation massive de deniers publics pour un succès dont la portée demeure essentiellement symbolique.

Le détail des dépenses : lobbying, voyages et conseils

Comment ces 2 millions de dollars ont-ils été dépensés ? L’examen des flux logistiques et diplomatiques permet d’identifier les principaux postes de dépenses :

  • Les cabinets de lobbying internationaux : Pour inscrire cette résolution à l’ordre du jour de l’Assemblée générale des Nations unies et obtenir le soutien des pays occidentaux et asiatiques, Lomé a eu recours à des cabinets de conseil en influence et en relations publiques. Des sociétés parisiennes spécialisées dans le conseil aux présidences africaines, ainsi que des firmes de lobbying américaines (enregistrées FARA) ont été sollicitées pour promouvoir la position togolaise. Ces services ont été payés en devises, pour des montants atteignant plusieurs centaines de milliers de dollars.
  • Les déplacements de Robert Dussey : Le ministre des Affaires étrangères a effectué de nombreux voyages en première classe, séjournant dans des hôtels de luxe à New York, Paris, Genève et dans plusieurs capitales africaines. Ces déplacements, incluant des vols privatisés, des indemnités élevées et des frais de représentation, représentent une part importante de la facture.
  • Les réceptions et la diplomatie d’apparat : Des dîners officiels, des cadeaux diplomatiques, la prise en charge de délégués internationaux lors des réunions préparatoires : ces frais destinés à s’assurer des votes favorables ont gonflé les dépenses annexes.
  • Les campagnes médiatiques : Le financement de campagnes de relations presse dans les médias internationaux, la publication d’articles sponsorisés et l’organisation de colloques ont contribué à légitimer l’initiative sur le plan académique.

Une priorité déconnectée des urgences sociales

Pour la société civile et les observateurs économiques, ces dépenses apparaissent injustifiables au vu des besoins nationaux. Avec 2 millions de dollars, soit plus d’un milliard de francs CFA, on aurait pu équiper les hôpitaux de Kara, Dapaong ou Adétikopé en matériel de base, construire des salles de classe ou financer des programmes d’aide aux ménages vulnérables.

En privilégiant les opérations de prestige et le recours à des conseils étrangers au détriment des besoins essentiels des citoyens, le gouvernement togolais illustre une nouvelle fois le fossé entre ses ambitions d’image sur la scène internationale et les préoccupations quotidiennes de sa population.

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