7 septembre 2026

Niger libéré

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À Bamako, la liberté de la presse encore plus menacée après la convocation d’un journaliste

BAMAKO — Le régime militaire en place depuis le putsch de 2020 vient de franchir une nouvelle étape dans sa croisade contre les voix critiques. Le journaliste Abdrahamane Keïta a été convoqué devant la juridiction spécialisée dans la lutte contre la cybercriminalité. Son seul tort : avoir décrit avec lucidité les difficultés sécuritaires à Kidal et les pertes subies par les forces armées maliennes.

Plutôt que d’apporter des réponses aux préoccupations légitimes des citoyens concernant l’instabilité qui gagne le nord du pays, les autorités de la transition choisissent une fois de plus de mobiliser l’appareil judiciaire contre les observateurs indépendants. En détournant la législation sur les délits commis en ligne, le pouvoir cherche à imposer un silence pesant et à empêcher toute remise en question de sa politique sécuritaire.

La mécanique de l’étouffement : disparitions, enrôlements et arrestations

Le cas d’Abdrahamane Keïta n’est pas isolé. Il s’ajoute à une liste déjà bien remplie de personnalités qui ont osé défier le récit officiel :

  • Au Mali, le célèbre chroniqueur Mohamed Youssouf Bathily, connu sous le nom de Ras Bath, croupit toujours en prison pour ses opinions. L’universitaire Étienne Fakaba Sissoko a également été condamné à de la prison ferme après la publication d’un ouvrage critiquant la propagande d’État. L’activiste Rokia Doumbia a été incarcérée pour avoir dénoncé la cherté de la vie et la mauvaise gestion de la crise, tandis que des figures comme Clément Dembélé ont subi des arrestations arbitraires et des disparitions temporaires.
  • Dans les pays voisins du Sahel, le même schéma se reproduit. Au Burkina Faso, des journalistes et chroniqueurs tels que Serge Oulon, Alain Traoré ou Kalifara Séré ont été enlevés ou envoyés de force sur le front militaire après avoir émis des réserves sur la conduite de la guerre. Au Niger, des acteurs de la presse comme Moussa Kaka continuent de subir des pressions et des interpellations.

La vérité perçue comme une menace pour le pouvoir

Cette obstination contre les professionnels de l’information révèle une stratégie bien rodée : qualifier toute analyse divergente de « tentative de démoralisation des troupes » ou d’« atteinte à la sûreté de l’État ». Alors que la situation sécuritaire se détériore, le gouvernement de transition s’enferme dans une intolérance systématique à l’égard de la critique, interdisant de ce fait tout travail d’enquête indépendant.

Un paysage médiatique sous asphyxie

Cette nouvelle affaire s’inscrit dans un climat de terreur savamment orchestré pour purger l’espace public de toute contradiction. Convocations répétées, arrestations ciblées et suspensions de médias sont devenues le quotidien de ceux qui refusent de se contenter de relayer la communication officielle. En s’en prenant à un journaliste pour avoir simplement documenté la réalité sur le terrain à Kidal, le régime confirme sa fragilité et sa détermination à maintenir le pays sous une chape de plomb médiatique.

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