11 mai 2026

Amnesty International réclame la libération de la journaliste Samira Sabou au Niger

En réaction à l’enlèvement forcé de Samira Sabou, une journaliste et blogueuse nigérienne, survenu le 30 septembre, Amnesty International lance un appel pressant. Des individus masqués, se présentant comme des membres des forces de sécurité, l’ont appréhendée à son domicile. Ousmane Diallo, chercheur spécialisé sur le Sahel au bureau régional d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, exprime une profonde inquiétude face à cette situation.

Nous sommes extrêmement préoccupés par la disparition forcée de Samira Sabou. Nous exhortons le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) à révéler sans délai son lieu de détention et à garantir sa libération rapide et inconditionnelle. Si les autorités déclarent ignorer où elle se trouve, elles ont l’obligation d’enquêter pour le découvrir immédiatement. Chaque jour de détention illégale représente une violation continue de ses droits fondamentaux à la liberté et à un procès équitable, la soumettant potentiellement à des risques de torture ou de traitements inhumains.

Ousmane Diallo, chercheur sur le Sahel au bureau régional d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale

Samira Sabou est reconnue pour son engagement ferme en faveur des droits humains et sa lutte contre la corruption. Sa disparition forcée est très probablement liée à son militantisme actif et à ses récentes prises de position dénonçant les arrestations arbitraires orchestrées par le CNSP.

« Le Niger, ayant ratifié la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, doit impérativement respecter ses engagements. Nous demandons instamment au CNSP de se conformer à ses obligations en matière de droits humains, tant au niveau national qu’international, incluant l’interdiction des disparitions forcées et la protection des libertés d’expression et de la presse. Il est également crucial de respecter et de protéger les défenseurs des droits humains, dont les prérogatives sont garanties par les articles 4, 6 et 7 de la loi de juin 2022 régissant leurs droits et devoirs, ainsi que par le droit international. »

Détails de l’enlèvement et du contexte nigérien

Samira Sabou, figure emblématique en tant que journaliste, militante et présidente des blogueurs du Niger, a été enlevée le 30 septembre 2023. L’incident s’est produit au domicile de sa mère à Niamey, où des hommes masqués, prétendant appartenir aux forces de sécurité, l’ont interpellée. Après avoir montré des cartes professionnelles, ils l’ont contrainte à les suivre dans un véhicule. Elle a ensuite été cagoulée et conduite vers une destination inconnue. Depuis lors, ni sa famille ni son avocat n’ont pu établir de contact avec elle ou obtenir des informations sur son lieu de détention. Le service des enquêtes criminelles de la police de Niamey a également déclaré ne pas être informé de cette affaire.

Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de violations des droits de personnes ayant simplement exercé leur liberté d’expression.

Un autre cas notable est celui de Samira Ibrahim, connue sur les réseaux sociaux sous le pseudonyme « Precious Mimi ». Le 3 octobre, elle a été condamnée à six mois de prison avec sursis et à une amende de 300 000 francs CFA (environ 479 USD). L’accusation portait sur la « production de données susceptibles de troubler l’ordre public », en lien avec une publication Facebook où elle évoquait le refus de l’Algérie de reconnaître le nouveau gouvernement nigérien.

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