Washington dénonce à l’ONU les violences quotidiennes contre des millions d’enfants en RDC
Les États-Unis ont une nouvelle fois tiré la sonnette d’alarme sur la situation des enfants en République démocratique du Congo (RDC) lors d’une session du Conseil de sécurité des Nations Unies. Washington a fermement condamné les violences subies par des millions d’enfants congolais, victimes des conflits armés qui ravagent l’est du pays.
Intervenant au nom de son gouvernement, l’ambassadrice Jennifer Locetta, représentante suppléante pour les affaires politiques spéciales à la Mission des États-Unis auprès de l’ONU, a insisté sur le lourd tribut payé par les enfants dans les zones de guerre. Reprenant un message déjà porté par la Première dame Melania Trump lors d’une précédente réunion du Conseil en mars, elle a déclaré : « Aucun enfant ne devrait être privé de sécurité. »
« Dans l’est de la RDC, des millions d’enfants sont confrontés quotidiennement à la menace de violences, de déplacements forcés et d’abus sexuels perpétrés par divers groupes armés. Nous condamnons fermement ces exactions. Sous la présidence Trump, les États-Unis restent déterminés à faire de la paix une priorité, » a affirmé Jennifer Locetta mercredi.
La RDC, épicentre des violations graves
Les États-Unis ont classé la RDC parmi les pays où les atteintes aux droits des enfants sont les plus préoccupantes. Les enfants congolais sont exposés à six violations graves : recrutement forcé, meurtres et mutilations, viols et violences sexuelles, attaques contre les écoles et hôpitaux, enlèvements et entraves à l’aide humanitaire. La résurgence de la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, aggrave encore cette situation dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, malgré les efforts diplomatiques américains, qataris et de l’Union africaine.
« Les conflits privent les enfants d’une éducation sûre, compromettant ainsi leur avenir et générant un cycle de pauvreté et d’instabilité qui se transmet de génération en génération. Protéger les enfants, c’est préserver notre avenir commun et contribuer à mettre fin aux guerres prolongées, » a ajouté la diplomate.
Washington critique le rapport de l’ONU
L’ambassadrice a également critiqué le dernier rapport du Secrétaire général des Nations Unies sur les enfants et les conflits armés (CAAC). Selon elle, ce document « ne nous rapproche pas de l’objectif de protéger les enfants. » Elle lui reproche de présenter « une vision erronée des dommages causés aux civils au regard du droit de la guerre », en assimilant les meurtres délibérés perpétrés par des groupes comme les Houthis aux dommages accidentels causés par les forces armées étatiques.
« Ce rapport illustre comment l’ONU consacre des ressources à des initiatives incompatibles avec les intérêts et la souveraineté de ses États membres. Il conforte notre décision de nous retirer du Bureau du Représentant spécial pour les enfants victimes de conflits armés. La protection des enfants reste une priorité américaine, mais elle passe par des actions concrètes, pas par des rapports politisés, » a martelé Jennifer Locetta.
Un appel à l’action internationale
Au-delà de la RDC, les États-Unis ont évoqué les situations au Soudan, en Ukraine et en Haïti, exhortant toutes les parties à mieux protéger les enfants contre les violences et les violations graves. Pour Washington, la sécurité des enfants est un levier essentiel pour instaurer une paix durable dans les régions en conflit.