2 mai 2026

Un financement crucial pour la résilience sanitaire au Mali

Le Mali bénéficie d’un nouvel appui financier d’envergure. La Banque Mondiale, via l’Association Internationale de Développement (IDA)*, a octroyé un crédit de 100 millions de dollars pour dynamiser l’accès et l’utilisation des services de santé fondamentaux. Cet investissement crucial vise à garantir des soins de qualité en matière de santé reproductive, maternelle, néonatale, infantile, adolescente et nutritionnelle, tout en consolidant la capacité du pays à faire face aux urgences sanitaires dans des régions spécifiques.

Baptisé « Keneya Yiriwali », ce projet, dont le nom signifie « Promouvoir la résilience du système de santé inclusif pour tous au Mali » en Bambara, s’appuie sur le Financement Basé sur les Résultats (FBR). Son objectif principal est d’élever la qualité et l’étendue des services de santé essentiels, notamment ceux dédiés à la santé reproductive, maternelle, néonatale, infantile, adolescente et à la nutrition (RMNCAH+N). Le FBR permettra de financer les ressources indispensables et de rémunérer les performances dans les régions et établissements scolaires désignés, assurant ainsi une meilleure prestation et disponibilité des services. L’initiative couvrira également les communautés affectées par le changement climatique, les centres hospitaliers régionaux et les infirmeries scolaires, avec une attention particulière portée à la santé des jeunes, à la gestion des crises climatiques et à la riposte aux pandémies. Parallèlement, le projet ambitionne d’améliorer la gestion budgétaire du secteur de la santé, de rationaliser les sources de financement et de mettre en place des systèmes d’information efficaces pour lier dépenses et résultats.

Clara de Sousa, Directrice des opérations de la Banque Mondiale pour le Mali, a souligné l’importance de cette approche. Elle a déclaré : « L’élargissement du FBR, intégrant désormais la gestion des risques climatiques et énergétiques, constitue une force motrice essentielle pour améliorer l’accès à des soins de qualité pour les populations maliennes, notamment via le projet Keneya Yiriwali. Ce programme capitalise sur les succès du projet précédent, Accélérer les Progrès vers la Couverture Sanitaire Universelle (PACSU), qui a déjà significativement accru l’accès aux soins, la qualité des prestations, la disponibilité des médicaments et la satisfaction des usagers dans neuf régions. » Elle a ajouté : « Le FBR s’est imposé comme un levier de transformation majeur, renforçant les infrastructures sanitaires, stimulant l’emploi local et modernisant les laboratoires à travers le Mali. »

L’enveloppe financière totale de cette opération s’élève à 125 millions de dollars. Elle est le fruit d’une collaboration entre le crédit de 100 millions de dollars de l’IDA et une subvention de 25 millions de dollars de la Facilité de Financement Mondiale (GFF). Une part significative de cette subvention, soit 15 millions de dollars, provient du gouvernement des Pays-Bas, via un cofinancement avec la GFF. Ce partenariat stratégique a été déterminant pour l’implémentation réussie de l’approche FBR au Mali, notamment à travers le programme PACSU, entre 2020 et 2024.

Luc Laviolette, qui dirige le secrétariat de la GFF, a précisé : « En prolongeant un appui déjà existant, la subvention de la GFF et le cofinancement des Pays-Bas vont renforcer la cohérence des efforts au Mali pour optimiser les services de santé destinés aux femmes, aux enfants et aux adolescents. » Il a ajouté que « l’investissement dans un système de santé plus robuste et équitable est essentiel pour répondre aux besoins des populations les plus isolées et les plus exposées aux conséquences du changement climatique. »

Le projet Keneya Yiriwali est conçu pour bénéficier directement à 15,4 millions de Maliens, avec une attention particulière pour les femmes, les adolescentes et les enfants, incluant 3 millions d’enfants de moins de 5 ans et 3,4 millions de femmes âgées de 15 à 49 ans. L’initiative élargira son champ d’action au-delà des régions déjà couvertes par le PACSU (Gao, Mopti, Douentza, Bandiagara, San, Ségou, Koulikoro, Dioïla et Nara) pour inclure des zones à forte prévalence de pauvreté comme Tombouctou, Bougouni, Koutiala et Sikasso, ainsi que la Commune VI du district de Bamako.

*L’Association Internationale de Développement (IDA), entité de la Banque Mondiale, est dédiée au soutien des nations les plus démunies. Créée en 1960, l’IDA offre des subventions et des prêts à conditions avantageuses pour financer des projets visant à stimuler l’économie, à réduire la pauvreté et à améliorer les conditions de vie des populations vulnérables. Elle se positionne comme un acteur majeur pour 76 des pays les plus pauvres du monde, dont 39 sur le continent africain. Ses actions ont un impact positif sur la vie de 1,6 milliard d’individus. Depuis sa fondation, l’IDA a soutenu des initiatives de développement dans 113 pays, avec un engagement annuel moyen de 21 milliards de dollars sur les trois dernières années, dont près de 61 % alloués à l’Afrique.

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