12 mai 2026

Tchad : opposition face à l’érosion des libertés politiques sous pression judiciaire

Tchad : l’opposition face à une vague de condamnations politiques inquiétantes

Le verdict rendu à l’encontre de huit membres de la coalition d’opposition GCAP, condamnés à huit ans de prison ferme, soulève une tempête de critiques au sein de la classe politique tchadienne. Prononcée en mai 2026, cette décision judiciaire est perçue par de nombreux observateurs comme une étape supplémentaire dans la restriction des libertés fondamentales dans le pays.

Les réactions ne se font pas attendre. Des figures majeures de l’opposition dénoncent une instrumentalisation de la justice à des fins politiques, tandis que d’autres y voient une confirmation du durcissement du pouvoir en place. Si certains militants s’attendaient à ce type de mesures répressives, la majorité s’inquiète ouvertement d’un recul démocratique sans précédent.

Des procès contestés et des libertés en péril

Alifa Younous Mahamat, coordinateur en Europe du Parti socialiste sans frontière (PSF), fustige des procédures judiciaires qu’il qualifie de partiales et contraires aux principes d’équité. Pour lui, cette condamnation s’inscrit dans une logique plus large visant à museler toute voix dissidente. Il évoque une série d’événements troublants :

  • La condamnation récente de Succès Masra, une figure emblématique de l’opposition;
  • La déchéance de nationalité imposée à des militants en exil;
  • L’assassinat de Yaya Dillo, leader du PSF, lors d’une intervention militaire en 2024;
  • L’emprisonnement prolongé au secret du secrétaire général du PSF, Robert Gam, contraint ensuite à l’exil.

Selon Alifa Younous Mahamat, la justice tchadienne est désormais devenue un instrument de répression politique, ciblant systématiquement les opposants et les défenseurs de la démocratie.

Un régime en quête de consolidation du pouvoir

Albert Pahimi Padacké, président du Rassemblement national des démocrates tchadiens (RNDT) et ancien Premier ministre, dresse un constat accablant : depuis l’avènement de la cinquième République, le pouvoir en place, incarné par le Mouvement patriotique du salut (MPS), mènerait une offensive méthodique contre toute opposition politique.

Le député souligne que cette stratégie, bien que risquée, révèle une fragilité structurelle du régime. En verrouillant l’espace politique, les autorités tchadiennes créent un climat de peur propice à l’autocensure, où même les élus redoutent des poursuites judiciaires arbitraires.

Les observateurs s’accordent à dire que ces condamnations répétées, couplées à des arrestations ciblées et à des restrictions accrues, dessinent un tableau inquiétant pour l’avenir de la démocratie au Tchad. L’espace public, autrefois dynamique, se réduit comme une peau de chagrin, étouffant progressivement les voix contestataires.

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