12 mai 2026

Boko haram sous pression après une offensive conjointe au lac Tchad

Boko Haram en grande difficulté après une offensive militaire coordonnée au lac Tchad

Forces armées nigériennes engagées contre Boko Haram

Les forces jihadistes de Boko Haram subissent une défaite stratégique dans leur bastion historique du lac Tchad, après une série de frappes aériennes et d’opérations terrestres menées par une coalition régionale. Cette offensive, impliquant le Tchad, le Nigeria et le Niger, a forcé les combattants à abandonner leurs positions sur plusieurs îles marécageuses.

Une opération militaire d’envergure contre les bastions de Boko Haram

Depuis le début de la semaine, des avions de chasse tchadiens ont intensifié leurs bombardements sur les îles reculées du lac Tchad, une zone partagée entre quatre pays : le Nigeria, le Cameroun, le Niger et le Tchad. Ces frappes ciblent particulièrement les camps de Boko Haram, qui partage ce territoire hostile avec l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) depuis leur scission en 2016.

Des pertes collatérales parmi les civils

Malheureusement, ces opérations ont également touché des populations civiles, notamment des pêcheurs nigérians travaillant sur ces îles sous contrôle jihadiste. Selon des témoignages recueillis, plusieurs dizaines de pêcheurs ont été tués lors des bombardements, tandis que d’autres, grièvement brûlés, ont été hospitalisés à Bosso, au Niger.

Les jihadistes contraints à la fuite

Des pêcheurs ayant fui la zone ont confirmé à la presse que les combattants de Boko Haram, accompagnés de leurs familles, tentent de quitter les îles les plus exposées. Suleiman Hassan, un pêcheur arrivé à Maiduguri après avoir quitté la région, a déclaré : « Les jihadistes abandonnent les îles de la zone de Shuwa, à la frontière entre le Nigeria, le Niger et le Tchad. »

Parmi les îles évacuées figurent Dogon Chukwu, Kangarwa, Gashakar, Yawan Mango et Kwatar Mota, où les combattants utilisaient des pirogues pour se déplacer. Les troupes tchadiennes ont également affronté des jihadistes sur l’île de Kaukeri, considérée comme l’un des derniers bastions du groupe dans la région.

Une riposte aux attaques meurtrières de Boko Haram

Cette offensive survient après une série d’attaques perpétrées par Boko Haram contre les forces tchadiennes. La semaine dernière, le Tchad a décrété trois jours de deuil national à la suite d’une embuscade ayant causé la mort de deux généraux. Quelques jours plus tôt, une attaque contre une base militaire sur les rives du lac avait fait au moins 24 victimes parmi les soldats tchadiens.

Une source du renseignement nigérian, ayant requis l’anonymat, a révélé que la coordination entre les trois pays était renforcée : « Les frappes aériennes sont menées conjointement par le Tchad, le Nigeria et le Niger, chacun déployant deux avions de chasse. »

Un étau qui se resserre autour des jihadistes

Les combattants de Boko Haram, désormais encerclés sur les rives du lac, hésitent à avancer vers des zones contrôlées par l’ISWAP, leur rival. Cette situation met en lumière les tensions persistantes entre les deux groupes, malgré leur origine commune.

L’insurrection de Boko Haram, qui a débuté en 2009 dans le nord-est du Nigeria, a déjà causé la mort de milliers de personnes et déplacé des millions d’habitants. Les violences se sont étendues aux pays voisins, poussant le Tchad, le Niger et le Cameroun à réactiver la force multinationale mixte, créée en 1994 pour lutter contre cette menace.

Un bilan humain et sécuritaire toujours lourd

Malgré les avancées militaires, le conflit reste meurtrier. Les attaques récentes rappellent l’urgence d’une solution durable pour mettre fin à cette crise humanitaire qui touche toute la sous-région du Sahel.

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