Sonara : 700 milliards de FCFA, un grand bluff pour Paul Biya ?
Sonara : 700 milliards de FCFA, un grand bluff pour Paul Biya ?
Sept ans après l’incendie qui a ravagé la Sonara, son directeur général prend la parole et annonce solennellement, devant les médias du monde entier, que la société renaît ce lundi 29 juin 2026. L’annonce est faite à l’issue d’une réunion regroupant quatre ministres, destinée à évaluer le coût de la reconstruction et son mode de financement. Pourtant, aucun protocole d’accord avec un partenaire financier n’a été signé : il s’agit d’une simple déclaration, avant même de se lancer sur le marché pour trouver des investisseurs.
Le modèle retenu est le Design-Build-Finance-Maintain (DBFM), qui couvre la conception, la réalisation, le financement et la maintenance des infrastructures. Mais si sept ans après l’incendie on en est seulement là, combien de temps faudra-t-il pour dénicher un partenaire qui, avec des méthodes bien camerounaises, signera un accord puis ira chercher l’argent auprès des banques ? C’est ce que l’on observe déjà chez d’autres partenaires miniers, contrairement à ce qui se passe ailleurs.
L’ombre de la SNH et Nathalie Moudiki
Le timing de cette communication interpelle : elle intervient peu après que le patronat camerounais, par la voix de son président Célestin Tawamba, a félicité la SNH pour le projet de nouvelle raffinerie de Kribi, mené avec brio par Nathalie Moudiki. Le président du Gecam s’est exprimé dans un média international.
Les enjeux des nominations
En réalité, cette annonce ressemble à une manœuvre destinée à bluffer le président de la République, au moment où celui-ci, en Suisse, réévalue l’action de ses nominations pour servir le peuple. La Sonara intègre dans sa communication une référence à une unité d’hydrocraqueur (hydrocracker) qui raffinerait le pétrole camerounais. Or ce projet était déjà en cours avant l’incendie et est déjà inclus dans la raffinerie de Kribi.
Le sabotage de la raffinerie de Kribi
Depuis hier, Boris Bertolt multiplie les publications incendiaires contre le projet de raffinerie de la SNH, avec des affirmations sans fondement visant à ternir l’image de Nathalie Moudiki. Pourquoi saboter le projet de la raffinerie de Kribi le jour même où la Sonara fait son coming out ? Pourtant, à la SNH, on salue l’action de cette entreprise historique qu’est la Sonara.
En 2020, une forte délégation du géant russe Lukoil avait été reçue à Yaoundé pour proposer un plan de reconstruction et d’installation d’équipements plus modernes. Le gouvernement n’a donné aucune suite favorable, les tenants du régime, favorables aux importations via les traders, évoquant des raisons de souveraineté. Pourtant, la plus grande raffinerie de pétrole d’Afrique, située chez le deuxième plus gros producteur africain, est privée : la raffinerie de Dangote n’appartient pas à l’État du Nigeria, mais raffine plus de 60 % du pétrole issu des puits du pays.
Pourquoi le modèle de la SNH (gaz) n’est-il pas appliqué à la Sonara (pétrole) ? La grande raffinerie de Lobito en Angola est construite par la Chine, la raffinerie de Copperbelt en Zambie également, la première raffinerie de pétrole de l’Ouganda par les Russes, et un autre projet est en cours au Congo. Camerounais, prions le Seigneur.