Situation des droits humains en RDC : deux visages de la crise selon Paul Nsapu
Paul Nsapu analyse les atteintes aux droits de l’homme en RDC : Kinshasa face aux défis structurels, l’Est sous l’emprise de la violence
Kinshasa, 3 juin 2026 — Lors d’un débat en direct organisé mardi par Stanis Bujakera Tshiamala, Paul Nsapu, président de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), a dressé un bilan contrasté de la situation des droits humains sous la présidence de Félix Tshisekedi. Entre progrès législatifs et crises récurrentes, son analyse révèle deux réalités bien distinctes à travers le pays.
Kinshasa : des violations structurelles héritées des régimes précédents
Dans les provinces placées sous l’autorité directe de Kinshasa, Paul Nsapu met en lumière des atteintes classiques aux droits fondamentaux. Ces violations touchent principalement les droits civils et politiques, mais aussi les droits économiques et sociaux, tels que l’accès à l’éducation, aux soins de santé ou encore à un emploi décent. Le président de la CNDH les attribue à un héritage de décennies de gouvernance marquée par un manque criant de développement et une absence d’amélioration tangible des conditions de vie des populations.
Les défaillances accumulées des différents régimes ayant dirigé la RDC expliquent, selon lui, cette situation persistante. Malgré des avancées législatives, les populations continuent de subir les conséquences d’un système où les promesses de progrès social peinent à se concrétiser.
L’Est du pays : une crise humanitaire aux racines profondes
À l’opposé, dans les provinces de l’Est — notamment le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et une partie de l’Ituri — la situation des droits humains prend une tournure dramatique. Paul Nsapu parle d’un noyau dur de violations, où les droits les plus fondamentaux, comme le droit à la vie et le droit à la sécurité, sont quotidiennement bafoués.
Le président de la CNDH pointe du doigt la présence de l’armée rwandaise sur le territoire congolais, ainsi que l’activité de ses alliés locaux, comme des facteurs aggravants. Ces forces, opérant dans des zones échappant au contrôle de Kinshasa, exacerbent les tensions et plongent les populations civiles dans une insécurité permanente.
Face à cette double réalité, Paul Nsapu rappelle l’urgence d’agir, tant sur le plan national que régional, pour restaurer la paix et garantir le respect des droits fondamentaux à travers toute la RDC.