17 juillet 2026

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Sénégal : les familles des victimes s’opposent à macky sall à l’ONU

La volonté de Macky Sall de briguer le poste de secrétaire général des Nations unies suscite une vive polémique au Sénégal. Depuis l’officialisation de sa candidature, soutenue par le Burundi alors président de l’Union africaine, l’ancien chef d’État a effectué un déplacement à Dakar pour s’entretenir avec Bassirou Diomaye Diakhar Faye. Une démarche qui a immédiatement provoqué l’ire des collectifs de familles des victimes des violences politiques ayant marqué son mandat.

Macky Sall mise sur son expérience internationale, notamment sa présidence de l’Union africaine entre février 2022 et février 2023, pour convaincre. Son objectif affiché ? Défendre les intérêts du continent africain au sein des plus hautes instances mondiales. Pourtant, cette ambition se heurte frontalement aux critiques des nouveaux dirigeants sénégalais et des associations de victimes.

Ces derniers accusent en effet l’ancien régime d’avoir réprimé avec une extrême fermeté les mouvements de protestation entre 2021 et 2024. Selon les bilans établis par les organisations concernées, ces affrontements ont fait plusieurs dizaines de morts parmi les manifestants.

Un soutien politique controversé

Mouhamed Fadel Bodian, porte-parole des familles des martyrs, exprime sans détour son malaise face à cette rencontre diplomatique.

« Accorder une audience à Macky Sall pour évoquer sa candidature à la tête de l’ONU nous semble profondément inapproprié. Nous ne pouvons accepter que le Sénégal apporte son soutien à une personnalité dont le bilan est entaché par des violences meurtrières », déclare-t-il avec fermeté.

Boubacar Sèye, à la tête de l’Association des familles des martyrs, rappelle avec amertume les conséquences tragiques de cette période.

« Comment oublier que des dizaines de nos concitoyens ont péri lors des manifestations ? La simple présence de Macky Sall à Dakar ravive les blessures et rappelle ces années noires où la répression a brisé des vies », souligne-t-il.

Guy Marius Sagna, député du parti majoritaire Pastef, va encore plus loin dans sa critique.

« Cette visite symbolise une nouvelle insulte envers les victimes et leurs proches. Elle représente une forme de récidive, un rappel constant des souffrances endurées pour défendre la démocratie », martèle-t-il.

Une course internationale sous haute tension

La candidature de Macky Sall s’inscrit dans une compétition internationale déjà bien engagée pour remplacer António Guterres, dont le mandat à la tête de l’ONU s’achèvera en décembre 2026. À ce stade, deux autres candidatures officielles ont été déposées : celle de l’ex-présidente chilienne Michelle Bachelet et celle du diplomate argentin Rafael Grossi, actuel directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique.

Le Costa Rica a également proposé la candidature de son ancienne vice-présidente Rebeca Grynspan, bien que sa lettre de candidature n’ait pas encore été officiellement enregistrée. Plusieurs pays poussent par ailleurs pour une première historique : l’élection d’une femme à la tête de l’organisation.

Le Conseil de sécurité doit finaliser l’examen des dossiers d’ici la fin du mois de juillet. Sa recommandation sera ensuite transmise à l’Assemblée générale, seule instance habilitée à élire le secrétaire général pour un mandat de cinq ans, renouvelable une fois.

Pour Macky Sall, cette candidature représente bien plus qu’une simple ambition diplomatique : elle engage aussi la question de la mémoire collective et de la réconciliation au Sénégal.

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