17 juillet 2026

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RDC : la voix de Félix Tshisekedi contre l’indifférence mondiale à Luanda

BERLIN, GERMANY - NOVEMBER 15: Democratic Republic of Congo (DRC) President Felix Tshisekedi addresses the media during a press conference with the German Chancellor at the Chancellery on November 15, 2019 in Berlin, Germany. Tshisekedi, who took office in January of this year, is visiting France and Germany this week. (Photo by Michele Tantussi/Getty Images)

En visite officielle en Angola, le président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi, a délivré un discours retentissant à Luanda, marquant les esprits par sa franchise et sa force politique. Accueilli chaleureusement par son homologue João Lourenço, le chef de l’État congolais a profité de cette tribune internationale pour dénoncer avec véhémence l’inaction de la communauté mondiale face à la crise sécuritaire qui ravage l’Est de la RDC.

S’exprimant lors de la 3e édition de l’initiative de l’Alliance des civilisations des Nations unies (UNAOC), le président Tshisekedi a fermement critiqué un ordre mondial qu’il juge en perte de repères, appelant à une prise de conscience urgente. Pour lui, la tragédie congolaise ne saurait être reléguée au rang de simple événement régional, mais doit être perçue comme le symptôme d’une défaillance collective du droit international.

Le silence des convenances, une menace pour la RDC

Devant une audience composée de dirigeants mondiaux, de diplomates et de représentants de la société civile, le président congolais a refusé les circonvolutions diplomatiques pour exposer crûment la réalité du drame humain que traverse son pays. Son message était clair et direct :

« Nous devons refuser la banalisation de la guerre. Nous ne pouvons nous satisfaire d’une indignation sans lendemain. Nous ne pouvons accepter le silence des convenances, ni compter les victimes pour mieux les oublier. Nous ne pouvons laisser le Droit international devenir un langage cérémoniel dépourvu de portée réelle. »

Ce plaidoyer incisif pointe du doigt le manque d’actions concrètes des grandes puissances face à l’agression rwandaise, menée par l’intermédiaire de la rébellion du M23. En soulignant que la paix ne peut se limiter à des déclarations vides ou à un « silence provisoire des armes », le chef de l’État exige que la justice, la vérité et le respect de la souveraineté nationale guident enfin les résolutions multilatérales pour la RDC.

La crise à l’Est : un test crucial pour l’ordre mondial

Élargissant sa perspective, Félix Tshisekedi a averti l’assemblée que l’ignorance du chaos sécuritaire dans la région des Grands Lacs représente un péril systémique pour l’équilibre planétaire :

« Le combat que mène la RDC dépasse largement ses frontières, il ne concerne pas seulement la sécurité d’un pays de l’Afrique centrale, il interroge la solidité même de l’ordre international que nous prétendons défendre car partout où la loi du plus fort prend le pas sur la force du droit, aucun peuple n’est durablement à l’abri (…) »

Pour Kinshasa, la situation dans l’Est congolais constitue le véritable baromètre de la crédibilité du multilatéralisme. Si les frontières d’un État souverain peuvent être violées en toute impunité, avec le soutien de pays voisins et sans sanctions significatives, alors la sécurité de chaque nation est intrinsèquement menacée. C’est pourquoi l’inaction internationale face à ce conflit est si préoccupante.

Échanges stratégiques avec João Lourenço

En marge de ce forum important, Félix Tshisekedi et João Lourenço, médiateur désigné de l’Union africaine pour la crise en RDC, ont eu un entretien privé. Les deux chefs d’État ont fait le point sur la situation sur le terrain et ont discuté des prochaines étapes des initiatives de paix du processus de Luanda. Cet échange souligne l’importance de la coopération régionale pour trouver des solutions durables à la crise.

Alors que la RDC assume la présidence tournante du Conseil de sécurité de l’ONU depuis le 1er juillet 2026, cette prise de parole percutante à Luanda marque le début d’une offensive diplomatique d’envergure. L’objectif est clair : contraindre la communauté internationale à passer des paroles aux actes concrets pour garantir la paix et la stabilité dans l’Est de la RDC.

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