18 juillet 2026

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Sanctions onusiennes contre le chef de l’afc-m23 : quels effets réels sur le terrain ?

Rdc : sanctions onusiennes contre Corneille Nangaa et ses lieutenants — quel impact réel ?

Portrait de Corneille Nangaa

Alors que la République démocratique du Congo assure la présidence tournante du Conseil de sécurité des Nations unies durant ce mois de juillet, l’organisation internationale a décidé d’appliquer des sanctions ciblées à l’encontre de Corneille Nangaa, coordinateur de l’AFC/M23, ainsi qu’à plusieurs autres figures des groupes armés actifs dans l’Est du pays. Une décision qui suscite des interrogations au sein de la société civile congolaise.

Parmi les personnalités visées figurent John Imani Nzenze, responsable du renseignement de l’AFC/M23, Charles Sematama, chef militaire du groupe armé Twirwaneho, Gustave Kubwayo, commandant des FDLR, Sébastien Kimenyi, responsable du renseignement des FDLR, et Muhammed Lumisa, commandant des ADF.

L’AFC/M23 a réagi en qualifiant ces mesures de sélectives et discriminatoires, arguant que le groupe est engagé dans plusieurs processus de recherche de paix.

Un choix stratégique des Nations unies

Le professeur Bob Kabamba, enseignant à l’Université de Liège, en Belgique, analyse cette décision comme une tentative d’isolement du mouvement rebelle des négociations de paix, avec des conséquences potentielles majeures.

« Il sera complexe pour l’ONU de poursuivre ses collaborations avec l’AFC/M23 tout en appliquant ces sanctions, notamment dans le cadre des processus de paix et de la mission onusienne sur place. À plusieurs reprises, la MONUSCO a travaillé en étroite coordination avec ce groupe armé », déclare-t-il.

Le professeur Julien Mahatma Tazi, spécialiste des relations internationales à l’Université de Kinshasa, partage cette analyse et souligne que ce timing n’est pas anodin.

« La visibilité accrue de la présidence congolaise au sein du Conseil de sécurité a maintenu la crise de l’Est de la RDC sous les projecteurs diplomatiques. Les Nations unies souhaitent ainsi rappeler que les négociations ne doivent pas exonérer les acteurs de leurs responsabilités individuelles. Ces sanctions visent à renforcer la pression sur les dirigeants des groupes armés tout en appuyant les efforts diplomatiques en cours », explique-t-il.

Pour ce dernier, ces mesures pourraient affaiblir la légitimité internationale des responsables des groupes armés, restreindre leurs déplacements et limiter leur accès aux ressources financières, à condition que les États appliquent effectivement ces sanctions.

La société civile réclame une application immédiate des sanctions

C’est précisément l’absence d’application concrète de ces sanctions qui inquiète les acteurs locaux, notamment dans les zones sous influence rebelle. Fiston Misona, président de la Société civile de Walikale, dans le Nord-Kivu, exprime ses craintes.

« Nous sommes toujours confrontés au même problème : les sanctions sont annoncées, mais leur mise en œuvre reste lettre morte. C’est pourquoi nous exigeons de l’ONU qu’elle garantisse l’application effective de ces mesures contre tous ceux qui bafouent les droits humains en RDC », insiste-t-il.

Il est important de noter que Corneille Nangaa a déjà été sanctionné à trois reprises : deux fois par les États-Unis et une fois par l’Union européenne.

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