Répression contre les associations au Mali : une menace grandissante pour la société civile
répression accrue contre les associations au Mali : l’AEEM interdite, une tendance inquiétante
Le gouvernement malien, dirigé par la junte depuis 2021, intensifie sa répression des associations et des organisations civiles. La dissolution de l’Association des Élèves et Étudiants du Mali (AEEM), annoncée par le ministre de l’Administration territoriale, en est le dernier exemple en date. Cette décision s’inscrit dans une série d’interdictions ciblant des structures jugées critiques envers le pouvoir en place.
une série d’interdictions ciblant les voix dissidentes
Le ministre a justifié la dissolution de l’AEEM en invoquant des violences et affrontements dans les milieux scolaires et universitaires. Il a également évoqué des arrestations de membres en 2017 et 2018, retrouvés en possession d’armes, de stupéfiants et de sommes d’argent non justifiées. Pourtant, cette mesure s’ajoute à une liste croissante d’organisations interdites depuis début 2024.
Parmi les associations dissoutes récemment, on retrouve :
- la Coordination des Mouvements, Associations et Sympathisants de l’Imam Mahmoud Dicko (6 mars) : accusée de déstabilisation et de menace pour la sécurité publique pour son appel à des élections présidentielles et un retour à la démocratie civile ;
- Kaoural Renouveau (28 février) : une organisation politique interdite pour des propos diffamatoires et subversifs à l’encontre de la junte militaire ;
- l’Observatoire pour les élections et la bonne gouvernance (20 décembre) : accusé d’avoir émis des déclarations troublant l’ordre public par son ancien président.
la liberté d’association et d’expression menacée depuis le coup d’État
Depuis le coup d’État de 2021, les autorités maliennes ont renforcé leur contrôle sur les libertés fondamentales. Plusieurs mesures récentes illustrent cette tendance :
- l’arrestation forcée du colonel Alpha Yaya Sangaré, un lanceur d’alerte des forces de sécurité, disparu le 4 mars après la publication d’un livre dénonçant les exactions des armées maliennes ;
- la restriction croissante des médias et de l’opposition politique, réduisant drastiquement l’espace civique du pays.
La Commission nationale des droits de l’homme du Mali alerte sur les menaces sérieuses pesant sur les droits civiques et politiques, notamment la liberté d’association. Elle dénonce une tendance systémique à la dissolution ou suspension d’associations et partis politiques.
réactions internationales et appel au respect des droits fondamentaux
Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a également exprimé ses préoccupations face à cette vague d’interdictions. Alors que le Mali approche de son troisième anniversaire sous un gouvernement non élu, la nécessité d’un espace civique libre et sécurisé n’a jamais été aussi pressante.
Les organisations de défense des droits humains exhortent les autorités maliennes à :
- rétablir immédiatement les associations et partis politiques dissous ;
- garantir la liberté d’expression, d’association et de manifestation ;
- protéger les lanceurs d’alerte et les défenseurs des droits humains.
La situation actuelle au Mali soulève des questions cruciales sur l’avenir de la démocratie et des libertés fondamentales dans le pays. Les acteurs internationaux appellent à une réponse urgente pour préserver les droits des citoyens et éviter une dégradation supplémentaire de l’espace civique.