27 juin 2026

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RDC : le manifeste de Kasangulu, une feuille de route citoyenne pour la transformation nationale

La République démocratique du Congo (RDC) a été le théâtre d’une initiative citoyenne d’envergure ce vendredi 26 juin 2026 à Kinshasa. Le Comité de crise de la Société civile pour la paix et la sécurité en RDC (CCPS-RDC) a officiellement lancé le « Manifeste de Kasangulu », un document ambitieux conçu comme une feuille de route pour la refondation et le redressement du pays. Ce texte se présente comme une réponse unifiée de la société civile aux multiples défis politiques, sécuritaires, économiques, sociaux et institutionnels qui pèsent sur la nation.

Élaboré au terme d’un processus inclusif, ayant rassemblé des représentants de diverses provinces congolaises, le Manifeste de Kasangulu articule une vision commune pour une transformation nationale profonde. Ses piliers reposent sur une gouvernance responsable, l’instauration d’une paix durable, la garantie de la sécurité pour tous, la promotion de la justice sociale, l’encouragement de la participation citoyenne, le renforcement des systèmes d’éducation et de santé, le développement économique équitable, la protection de l’environnement et la consolidation de l’État de droit.

La cérémonie de lancement a débuté par l’allocution de Mme Sylvie Nakweti, directrice de la Communication, du Plaidoyer et de la Documentation de la DYCOD-RDC, qui a chaleureusement salué l’engagement des organisations de la société civile dans cette dynamique de renaissance nationale.

Le professeur Iyoka Jean Bedel a ensuite pris la parole, soulignant le caractère participatif et pédagogique du Manifeste citoyen. Il a affirmé que ce document vise à offrir à la RDC un cadre de réflexion et d’action solide pour sa reconstruction.

La présentation officielle du Manifeste a été assurée par Me Patient Bashombe Matabishi, coordinateur du CCPS-RDC. Il a insisté sur la portée historique de cette démarche, affirmant que le pays traverse une crise profonde nécessitant une mobilisation nationale sans précédent.

« Nous avons dévoilé aujourd’hui le Manifeste citoyen, nommé Manifeste de Kasangulu en référence au lieu d’élaboration par notre commission. Ce texte exprime la vision de la société civile pour le redressement du Congo. Face à une crise historique unanimement reconnue, le Manifeste citoyen propose une voie et des solutions pour la refondation et le redressement du Congo », a expliqué Me Patient Bashombe Matabishi.

Le coordinateur du CCPS-RDC a également mis en lumière le symbolisme de la date de lancement, survenue à la veille de la célébration de l’indépendance nationale.

« Le choix de cette date est hautement symbolique, à l’approche du 30 juin, jour de notre indépendance. Notre objectif est de nourrir le débat national et, surtout, de sensibiliser chaque Congolais à sa responsabilité historique. Ce dialogue ne doit pas être l’apanage des seuls acteurs politiques. Le Congo nous appartient à tous. Avant tout, le Manifeste citoyen est l’expression du peuple. C’est un vibrant appel à tous les patriotes pour défendre la République démocratique du Congo », a-t-il précisé.

M. Daie Mutombe Pierrot, président des Onusiens congolais, a présenté le courant idéologique qui soutiendra la vulgarisation du Manifeste : la Révolution démocratique citoyenne, portée par le mouvement BLOC-RDC. Ce mouvement a pour ambition de promouvoir une citoyenneté active, une bonne gouvernance et une souveraineté nationale renforcée. À cette occasion, Me Patient Bashombe Matabishi a été désigné président du BLOC-RDC, et le professeur Iyoka Jean Bedel en a été nommé secrétaire général.

Abordant la question de la réforme constitutionnelle, Me Patient Bashombe Matabishi a réaffirmé la position de la société civile. Il a souligné l’impératif d’un large consensus concernant les dispositions constitutionnelles dites « verrouillées », considérant la Constitution comme l’instrument fondamental de la cohésion nationale. Il a également insisté sur l’ambition du Manifeste citoyen à orienter les futures discussions sur la réforme constitutionnelle.

« La révision est prévue par la Constitution elle-même. Cependant, toute démarche qui ignorerait l’ensemble des provinces ou qui ne contribuerait pas au renforcement de l’unité nationale risquerait de provoquer une implosion. Pour nous, la Constitution reste l’outil essentiel de la cohésion nationale, le texte fédérateur du peuple congolais. Concernant les articles verrouillés, qui sont au cœur du débat, un consensus est indispensable », a déclaré Me Patient Bashombe Matabishi.

Il a ajouté :

« Ces dispositions ont été verrouillées par voie de consensus, non par un vote électoral. En droit, le principe du parallélisme des formes stipule qu’un consensus ne peut être remis en question que par un autre consensus. Dans cette optique, nous souhaitons que le Manifeste citoyen devienne un texte fondateur pour les futures orientations du pays. Il incarne la vision que nous, société civile et peuple, défendons pour le renouveau de la République démocratique du Congo. »

Cette rencontre a rassemblé près de 200 organisations de la société civile, des leaders communautaires, des universitaires, des syndicalistes, des avocats, des médecins, des entrepreneurs, des mouvements de jeunesse et de femmes, des défenseurs des droits humains et de nombreux leaders locaux. L’assemblée a salué la qualité du document et a recommandé le lancement d’une vaste campagne nationale de vulgarisation afin de garantir son appropriation par l’ensemble du territoire national et la diaspora congolaise.

En conclusion des travaux, le Comité de crise de la Société civile pour la paix et la sécurité en RDC a appelé toutes les composantes de la nation à s’approprier le Manifeste citoyen. Il le considère comme une contribution essentielle à la refondation de l’État, à la consolidation de la paix et à l’édification d’un avenir plus juste, prospère et démocratique pour la République démocratique du Congo.

Ce lancement intervient dans un contexte national complexe, marqué par l’agression rwandaise via la rébellion de l’AFC/M23, l’activisme des groupes armés locaux et étrangers, une crise humanitaire croissante avec un nombre élevé de déplacés internes et de réfugiés, une réduction des financements internationaux, un statu quo des initiatives diplomatiques et la poursuite des hostilités dans l’est de la RDC. Le débat autour de la réforme constitutionnelle, opposant la Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64) à la Coalition des Congolais pour le changement de la Constitution (C4), ajoute également à la complexité de la situation politique.

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