7 août 2026

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Projet gazier GTA : kosmos energy confirme sa montée en puissance au Sénégal et en Mauritanie

Le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA), mené par la société américaine Kosmos Energy à la frontière maritime du Sénégal et de la Mauritanie, connaît une phase décisive. L’opérateur texan a dévoilé des mises à jour sur l’avancement de ce champ transfrontalier, dont la première phase a démarré sa production commerciale au début de l’année 2025. À Dakar, ce dossier s’impose comme une priorité politique, le Premier ministre Ousmane Sonko y voyant un levier essentiel pour renforcer la maîtrise des ressources naturelles du pays.

Un projet d’envergure pour le Sénégal et la Mauritanie

Résultat de longues années de négociations entre les deux nations, le projet GTA s’étend sur un gisement partagé à parts égales entre le Sénégal et la Mauritanie, une configuration inhabituelle dans l’industrie extractive de l’Afrique de l’Ouest. Kosmos Energy assure la direction du développement en collaboration avec bp, tandis que les structures étatiques Petrosen et la Société mauritanienne des hydrocarbures (SMH) représentent les intérêts publics dans ce partenariat.

La première phase repose sur une unité flottante de liquéfaction (FLNG) conçue pour transformer le gaz avant son exportation vers les marchés mondiaux. Les objectifs initiaux prévoient une capacité de production d’environ 2,3 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié par an. Selon les dernières annonces, la production se rapproche progressivement de son rythme optimal, après une phase de mise en service technique achevée en 2024 et l’envoi des premières cargaisons vers les clients internationaux.

Kosmos Energy sous le feu des attentes politiques sénégalaises

Depuis l’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko en mars 2024, le projet GTA est scruté avec une attention particulière à Dakar. Le gouvernement sénégalais a clairement indiqué vouloir réexaminer les accords signés sous l’administration précédente, jugés défavorables à l’État. Cette volonté a généré une période d’incertitude pour les acteurs internationaux, dont Kosmos Energy et bp sont les principaux représentants.

La communication récente de Kosmos vise à dissiper les doutes sur le calendrier opérationnel. L’entreprise met en avant la solidité de sa collaboration avec les autorités des deux pays et la poursuite des échanges techniques en vue des prochaines étapes. Toutefois, certains observateurs économiques ont souligné un écart entre les ambitions initiales et les volumes réellement produits lors des premiers mois d’exploitation, poussant l’opérateur à ajuster ses prévisions.

Sur le plan économique, la montée en puissance du champ GTA représente une manne financière majeure pour les deux États. Pour le Sénégal, les estimations prévoient des recettes annuelles de plusieurs centaines de milliards de francs CFA une fois la pleine capacité atteinte. Ces revenus sont destinés à alimenter le Fonds intergénérationnel et le budget national, deux outils clés de la stratégie de gestion des ressources naturelles adoptée par Dakar.

Phase 2 et souveraineté énergétique : les défis à venir

Au-delà de la première phase, l’attention se porte désormais sur l’extension du projet. La phase 2 de GTA, initialement prévue pour porter la capacité à environ 3 millions de tonnes par an, reste en suspens en attendant un accord entre les partenaires industriels et les gouvernements. Kosmos Energy a indiqué que les études se poursuivent, sans garantir de calendrier précis pour l’instant. Les fluctuations des prix du GNL sur les marchés internationaux et la volonté affichée par l’opérateur de réduire son endettement influencent fortement cette réflexion stratégique.

La question du contenu local occupe une place centrale dans les discussions. Le gouvernement sénégalais a exprimé son souhait d’intégrer davantage d’entreprises locales dans la chaîne de valeur, que ce soit dans la sous-traitance industrielle ou les services logistiques. Ousmane Sonko a également évoqué la possibilité d’utiliser une partie de la production gazière pour répondre aux besoins énergétiques nationaux, notamment en approvisionnant les centrales thermiques afin de diminuer la dépense publique en énergie.

Néanmoins, les marges de manœuvre des autorités restent contraintes par les contrats en vigueur et la nécessité de maintenir l’attractivité du bassin sédimentaire MSGBC. Plusieurs blocs adjacents font encore l’objet d’explorations, et la manière dont les autorités traiteront le dossier GTA servira de baromètre pour les futurs investisseurs. L’avenir énergétique du Sénégal se joue autant sur le terrain technique que dans les décisions politiques prises à Dakar.

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