Président Paul Biya : un pouvoir camerounais à distance depuis Genève
(260520) -- YAOUNDE, May 20, 2026 (Xinhua) -- Cameroonian President Paul Biya (3rd R) watch a civilian parade during the National Day celebrations in Yaounde, Cameroon, on May 20, 2026. Cameroon on Wednesday marked the 54th anniversary of its National Day with military and civilian parades held across the country. (Xinhua/Kepseu)
Le président camerounais Paul Biya gouverne-t-il vraiment depuis Genève ?
Plus de soixante-cinq jours après son départ pour la Suisse, les Camerounais s’interrogent sur l’absence prolongée de leur dirigeant et les conséquences pour l’exercice du pouvoir.
Depuis le 7 juin, le Cameroun observe un silence inhabituel. Le président Paul Biya, en séjour de convalescence à Genève, dépasse désormais les soixante-cinq jours d’absence, un record pour celui qui dirige le pays depuis plus de quatre décennies. La question de sa capacité à exercer ses fonctions à distance agite l’opinion publique et nourrit les spéculations.
L’opacité entourant son état de santé et les raisons exactes de son départ alimentent les rumeurs. Certains Camerounais, perplexes, s’interrogent même sur son état de vie, faute de preuves tangibles de sa présence en Suisse.
Des décrets signés à distance, un pouvoir fragilisé
Malgré les assurances officielles, l’absence prolongée du chef de l’État soulève des interrogations sur la gestion quotidienne du pays. Les décrets présidentiels continuent d’être promulgués, mais leur légitimité est de plus en plus contestée par une opposition qui y voit un affaiblissement du système.
L’opposition en embuscade, la succession dans tous les esprits
Cette situation inédite relance les débats sur la succession à la tête de l’État. Les figures politiques et la société civile multiplient les prises de parole pour exiger des clarifications, tandis que les autorités tentent de minimiser l’impact de cette absence.
Un malaise persistant, des réponses attendues
Les Camerounais attendent des explications sur le délai prolongé de cette convalescence. L’incertitude plane, et avec elle, les craintes d’un vide institutionnel ou d’une transition mal maîtrisée. Le pouvoir en place, déjà fragilisé par des années de contestation, doit désormais faire face à une épreuve de taille.