Présence russe en Libye : une menace croissante pour le Sahel
La Russie étend son emprise militaire en Afrique du Nord en s’appuyant sur six bases aériennes stratégiques dispersées sur le territoire libyen. Ces infrastructures, autrefois abandonnées, servent désormais de hubs pour le déploiement d’armes, de mercenaires et de combattants en direction des zones de conflit.
Six bases aériennes libyennes sous contrôle russe
Selon des sources géospatiales fiables, Moscou a investi dans la modernisation et l’exploitation de six bases aériennes clés en Libye : Al-Joufra, Al-Khadim, Al-Qardabiyah, Brak Al-Shati, Maaten al-Sarra et Tamenhant. Ces sites abritent désormais des systèmes de défense aérienne, des avions de combat MiG-29, des drones ainsi que du personnel militaire russe et des mercenaires.
Parmi ces installations, Maaten al-Sarra, située près des frontières du Tchad et du Soudan, joue un rôle central. Cette base, restaurée par des soldats syriens déployés par la Russie fin 2024, permet d’acheminer discrètement des armes vers des pays voisins comme le Burkina Faso, le Mali ou le Soudan. Les pistes d’envol et les entrepôts ont été réhabilités pour faciliter ces opérations.
Un réseau logistique au service des conflits régionaux
La base d’Al-Khadim, à une centaine de kilomètres à l’est de Benghazi, sert de plateforme pour des livraisons d’armes et des trafics transfrontaliers. Des infrastructures supplémentaires y ont été construites ces dernières années, dont des hangars, un centre récréatif et des logements temporaires. En 2026, une caserne aurait été ajoutée, renforçant encore sa capacité opérationnelle.
Les activités russes ne se limitent pas à la Libye. En 2025, un enquêteur indépendant a documenté les déplacements d’un représentant de Gazprom entre Al-Khadim et une mine sous contrôle russe en République centrafricaine, révélant les liens entre énergie et stratégie militaire.
Autre point névralgique, Al-Qardabiyah, rattachée à l’aéroport international de Syrte, a vu ses défenses renforcées avec de nouvelles infrastructures et des pistes rénovées. Ces aménagements visent à sécuriser les opérations aériennes et à soutenir les factions locales alignées sur Moscou.
Des bases en expansion constante
La base de Brak Al-Shati, dans le sud-ouest du pays, a connu une croissance significative depuis mars 2024. Un nouveau hangar et deux bâtiments dédiés à la maintenance des aéronefs ont été érigés, tandis que les effectifs russes y ont augmenté, passant de 300 à 450 soldats depuis fin 2024.
Enfin, Tamenhant, dans le sud de la Libye, a été utilisée par les mercenaires du groupe Wagner pour lancer des offensives et faciliter le trafic d’armes vers le Soudan. Des projets d’expansion y sont en cours, avec la construction de logements, la réfection des routes et des modifications des pistes d’atterrissage.
Une stratégie aux conséquences régionales
Cette présence militaire russe entrave les efforts d’unification nationale en Libye et complique l’expulsion des troupes étrangères. Les factions soutenues par Moscou résistent aux initiatives de paix, prolongeant ainsi l’instabilité dans le pays.
Par ailleurs, les livraisons d’armes depuis les bases libyennes alimentent les conflits au Sahel, notamment au Mali et au Burkina Faso. Les analystes soulignent que ces opérations déstabilisent davantage une région déjà fragilisée, où la souveraineté des États est menacée par des acteurs extérieurs.
La Russie, en consolidant sa position en Libye, renforce son influence en Afrique du Nord et au Sahel, tout en exploitant les ressources locales pour financer ses activités militaires. Une stratégie qui pose un défi majeur pour la stabilité de toute la région.