28 juin 2026

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Partenariat public privé au Cameroun pour relancer le transport d’énergie

Vers un partenariat public-privé pour moderniser le transport d’énergie au Cameroun

Le ministre de l’Eau et de l’Énergie camerounais a annoncé une solution ambitieuse pour résoudre la crise énergétique du pays : le recours au partenariat public-privé dans le secteur du transport électrique.

Une solution urgente pour le Cameroun face à la crise énergétique

Le Cameroun fait face à une crise énergétique sans précédent, avec des pertes quotidiennes estimées à 30 MW d’électricité, soit l’équivalent de la production entière du barrage de Lagdo. Ces déperditions, attribuées à un réseau de transport défaillant, représentent un manque à gagner considérable pour le pays. Face à cette situation, le gouvernement camerounais envisage enfin de recourir au partenariat public-privé pour relancer le secteur.

Selon les analyses d’experts, le déficit de trésorerie de l’État et les contraintes budgétaires liées au remboursement de dettes improductives empêchent actuellement le financement public de projets majeurs. Le ministère des Finances, par exemple, n’est plus en mesure de régler les créances envers la KPDC, privant ainsi le réseau de 300 MW supplémentaires. Une situation qui pousse les autorités à explorer des alternatives innovantes pour attirer les investisseurs privés.

Le partenariat public-privé, déjà évoqué par des économistes comme Christian Penda Ekoka, pourrait être la clé pour moderniser les infrastructures énergétiques. Ce modèle permettrait aux investisseurs privés de prendre en charge la conception, la réalisation et la gestion des projets, tout en libérant l’État de la lourdeur administrative. Une approche qui a déjà fait ses preuves dans d’autres secteurs, mais qui tarde à s’imposer au Cameroun.

L’annonce a été faite lors d’une rencontre entre le ministre camerounais de l’Eau et de l’Énergie et l’ambassadeur d’Italie au Cameroun, Filippo Scammacca del Murgo, accompagné de Riccardo Rossi Van Lamsweerde, représentant de la Cassa Depositi e Prestiti, une institution financière publique italienne. Cette collaboration pourrait ouvrir la voie à des investissements étrangers dans le transport d’énergie, un secteur stratégique pour l’avenir du pays.

« Depuis 2014, nous alertons sur ces pertes d’énergie, mais les solutions ont toujours été reportées. Plutôt que de colmater cette fuite, l’État a préféré investir plus de 100 milliards de FCFA dans le barrage de Mekin, sans résoudre le problème de fond. Le partenariat public-privé permettrait d’éviter ces erreurs coûteuses et d’avancer enfin », souligne un économiste local sous couvert d’anonymat.

Le secteur des transports, qui devrait être le premier bénéficiaire de ce modèle, peine encore à s’adapter. Les projets routiers, souvent marqués par des retards et des dépassements de budget, pourraient trouver une issue grâce à l’implication du privé. Une transition nécessaire pour éviter la multiplication des « éléphants blancs », ces projets pharaoniques inachevés ou sous-utilisés.

« Le ministère des Transports refuse de se convertir à cette logique, préférant garder le contrôle des projets, même inefficaces. Résultat : des autoroutes comme Douala-Yaoundé ou Yaoundé-Nsimalen s’éternisent, tandis que les citoyens paient le prix fort », ajoute l’économiste.

Ainsi, le Cameroun se trouve à un tournant décisif. Le partenariat public-privé pourrait-il enfin permettre de sortir de la crise énergétique et de moderniser les infrastructures ? L’avenir le dira, mais une chose est sûre : le temps presse.

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