29 juin 2026

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Une mélodie pour la biodiversité : le chant des baleines sensibilise les enfants au Sénégal

Au Sénégal, une initiative novatrice capte l’attention des jeunes esprits pour la cause environnementale. L’association Germes d’Écocitoyens à travers les sciences et les traditions dans les univers d’apprentissage (Gestu) a mis en place un programme éducatif unique : sensibiliser les enfants à la protection de la biodiversité marine en utilisant les chants envoûtants des baleines.

Récemment, l’organisation Gestu a orchestré trois ateliers pédagogiques au sein d’écoles primaires de Dakar. Ces sessions ont été animées par Olivier Adam, professeur et éminent spécialiste des cétacés. Nous nous sommes rendus à l’école primaire Alieu Samb, située dans le quartier de Ngor à Dakar, pour assister à l’une de ces immersions fascinantes dans le langage des géants des mers.

Oliver Adam (a droite) et le pêcheur-plongeur Babacar Sy animent une séance de sensibilisation au langage des baleines en classe de cm2 à l’école Alieu Samb de Ngor, à Dakar.

Dans une salle de classe de CM2, une trentaine d’élèves, visiblement captivés, écoutent attentivement des enregistrements de baleines à bosse. Ces sons, collectés au large de Ouakam à Dakar en 2018 et 2022, résonnent avec une puissance éducative inattendue, marquant les jeunes esprits des enfants du Sénégal.

Olivier Adam, professeur à la Sorbonne, explique l’importance de ces découvertes : « Ces chants, ces sons que vous entendez, proviennent de baleines à bosse. Il est fascinant de savoir qu’elles visitent les eaux de Dakar pour y mettre bas. Leurs petits sont de véritables Dakarois. » Cette révélation ancre la conservation marine dans la réalité locale des enfants.

Pour le spécialiste des vocalisations des cétacés, il est crucial de faire comprendre que les baleines possèdent un langage structuré. « J’ai été le premier étonné, lors de mes enregistrements, de constater que leurs sons étaient intentionnels et organisés comme un véritable langage, » confie le professeur, venu spécialement de Paris pour ces ateliers. Il ajoute : « Il est impératif que les enfants le sachent. Pour appréhender nos océans, il faut avant tout comprendre les espèces vivantes qui les peuplent. » Cette approche est essentielle pour une éducation environnementale efficace au Sénégal.

Les jeunes participants, remplis de curiosité, n’ont pas hésité à poser une multitude de questions : « Une baleine a combien d’estomacs ? Combien existe-t-il de types de baleines ? Comment mettent-elles bas ? Que mangent-elles ? » Leur soif de savoir témoigne de l’impact de cette sensibilisation à la biodiversité marine.

Fanta, 12 ans, résume son émerveillement : « Leur chanson et leur manière de communiquer m’ont le plus impressionnée. »

Thierry, l’enseignant de cette classe de CM2 à l’école Alieu Samb de Ngor, souligne la valeur de cet apprentissage du monde vivant. Il partage sa propre prise de conscience : « Sans cette connaissance, on ne peut pas savoir, par exemple, qu’une baleine ne donne naissance qu’à un seul petit par portée. Cela signifie que c’est une espèce qui, si elle n’est pas protégée, risque de disparaître. » La protection environnement Sénégal passe par ces prises de conscience.

Babacar Sy, chasseur sous-marin depuis plus de trois décennies et l’homme derrière les enregistrements de ces baleines à Dakar, a également animé l’atelier. Il insiste sur l’urgence d’agir face à l’ignorance, observant lui-même une diminution drastique des captures de poissons. « J’ai eu la chance de connaître la nature telle qu’elle était, et de la voir changer radicalement. L’année dernière, j’ai pêché seulement cinq thiofs sur toute l’année. Si cette tendance se poursuit, un jour nous parlerons de thiof à nos enfants et ils nous demanderont ce que c’est, car l’espèce aura disparu, » alerte le pêcheur. « Nous allons droit dans le mur. Il est temps que les gens se réveillent ! » Ce témoignage renforce l’appel à la conservation marine.

L’initiative de l’association Gestu, qui a également touché deux autres écoles de Dakar avec les enregistrements d’Olivier Adam, ne se limite pas aux cétacés. Elle inclut aussi des journées dédiées à la collecte de déchets, démontrant une volonté globale de transformer les mentalités et de promouvoir une meilleure protection de l’environnement au Sénégal.

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