28 mai 2026

Niger libéré

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Oser critiquer ousmane sonko au Sénégal : un défi périlleux

Oser critiquer Ousmane Sonko au Sénégal : un pari risqué

Ousmane Sonko à Rabat le 26 janvier 2025

Au Sénégal, la liberté d’expression, surtout lorsqu’elle cible des figures politiques influentes comme Ousmane Sonko, se heurte à une réalité de plus en plus menaçante. Les détracteurs hésitent à exprimer leurs critiques, effrayés par la virulence des réactions en ligne orchestrées par les partisans du Pastef, parti au pouvoir. Les réseaux sociaux, devenus un théâtre d’affrontements numériques, transforment chaque prise de parole en un exercice périlleux.

Cette ambiance d’intimidation, dénoncée par des acteurs de la société civile et des journalistes, étouffe le débat démocratique. Les voix dissidentes, qu’elles émanent de citoyens ou de professionnels des médias, craignent des représailles tant virtuelles que physiques. L’autocensure s’installe, étouffant progressivement l’espace de critique pourtant essentiel à toute démocratie.

Dès son arrivée à la Primature en avril 2024, Ousmane Sonko a multiplié les déclarations restrictives à l’égard de la presse :

« Plus aucun média ne sera autorisé à diffuser des informations non étayées, sous couvert de liberté d’expression. Toute allégation devra désormais s’appuyer sur des sources vérifiables. »

Une remise en cause systématique de l’indépendance judiciaire

Ousmane Sonko n’hésite pas à s’attaquer frontalement à l’institution judiciaire sénégalaise. En novembre 2025, lors d’une réunion publique, il a vivement critiqué certains magistrats, les accusant de bloquer des enquêtes financières et de perpétuer des pratiques héritées d’un système qu’il combat depuis ses débuts en politique. Ces propos ont suscité une vive indignation au sein du corps judiciaire.

Les droits des femmes : une régression inquiétante

Les défenseuses des droits des femmes au Sénégal tirent également la sonnette d’alarme. Malgré l’existence d’une loi sur la parité depuis 2010, son application reste largement insuffisante. Ossama Monique Sagna, militante féministe renommée, souligne un recul alarmant :

« Le gouvernement actuel compte moins de femmes ministres que le dernier cabinet de Macky Sall. Avec seulement quatre femmes sur trente postes, soit environ 13 %, nous assistons à une véritable régression en matière de représentation féminine dans les instances décisionnelles. »

Selon elle, les grandes revendications féministes n’ont connu que peu de progrès structurels. Le Code de la famille, toujours en vigueur, maintient des dispositions discriminatoires. L’application du protocole de Maputo, notamment sur les droits reproductifs et la lutte contre les violences faites aux femmes, reste lettre morte. Les féminicides, quant à eux, connaissent une hausse alarmante : près de 18 cas ont été recensés en 2025.

Les militantes dénoncent l’inaction des autorités face à ces violences systémiques. L’absence de mesures concrètes et de réponses politiques adaptées laisse présager une situation de plus en plus préoccupante pour les droits des femmes au Sénégal.

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