4 juin 2026

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Niger : embuscade meurtrière sur le fleuve niger, un capitaine de gendarmerie tué à say

Le corps du capitaine, abandonné sur une vedette à la dérive, plus de 24 heures après l’attaque.

Niamey, 9 avril 2026 – Une attaque du Jama’at Nasr al-Islam wal-Muslimin (JNIM) a coûté la vie au capitaine Maman Ada Sahabi, commandant du groupement de gendarmerie de Say, ainsi qu’à au moins deux de ses hommes, lors d’une embuscade sur le fleuve Niger, ce mercredi 8 avril en fin d’après-midi. Plus de 24 heures après l’incident, la vedette transportant le corps de l’officier supérieur est toujours à la dérive, les autorités n’ayant pas encore organisé sa récupération.

Selon des sources sécuritaires locales, le capitaine Sahabi se trouvait à bord d’une vedette avec quatre gendarmes, effectuant une mission de vérification de renseignements, qui coïncidait avec le jour de marché hebdomadaire de Say. Vers 17 heures, leur embarcation a été la cible de tirs nourris provenant des rives du fleuve, dans une zone particulièrement sensible située dans la région de Tillabéri/Dosso.

Au moins trois gendarmes, dont le capitaine, ont été tués sur le coup. Le corps de l’officier est resté à bord de la vedette, tandis que les corps de deux autres soldats ont été emportés par le courant. Au moment de la rédaction de cet article, l’embarcation continue de dériver, les forces engagées sur le terrain craignant la présence d’engins explosifs improvisés (IED) ou une nouvelle embuscade.

un officier d’expérience, figure emblématique locale

Le capitaine Maman Ada Sahabi, âgé d’une quarantaine d’années, dirigeait le groupement de gendarmerie de Say depuis plus de cinq ans. Considéré comme un pilier essentiel du dispositif sécuritaire dans cette zone frontalière stratégique, il était activement impliqué dans la lutte contre les groupes armés terroristes (GAT) opérant dans le Liptako-Gourma.

Sa disparition survient dans un contexte d’intensification des attaques contre les patrouilles fluviales et terrestres dans la région de Tillabéri, un foyer historique d’activité du JNIM et de l’État islamique au Sahel (EIGS).

indignation face à la gestion des dépouilles

Au-delà de l’attaque elle-même, l’abandon apparent du corps de cet officier supérieur, plus de 24 heures après les faits, suscite l’indignation et soulève des questions. En l’absence d’instructions claires de la hiérarchie, aucune opération de récupération n’a été entreprise, une situation difficilement compréhensible pour les hommes sur le terrain et les populations locales de Say.

« Comment peut-on laisser le corps de son commandant dériver ainsi sur le fleuve ? C’est un manque de respect total envers ceux qui se battent », confie, sous couvert d’anonymat, un membre des forces de sécurité contacté par notre rédaction.

Pour beaucoup, cet événement symbolise un commandement hésitant, incapable d’honorer rapidement ses morts – une pratique qui, selon plusieurs voix critiques, se serait banalisée depuis le coup d’État du 26 juillet 2023.

au niger, quelle valeur accorder à la vie des soldats en première ligne ?

Cette affaire relance le débat sur la valeur accordée aux sacrifices des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) dans la lutte antiterroriste sous le régime militaire actuel, dirigé par le général Abdourahamane Tiani.

Malgré les communiqués réguliers faisant état d’opérations victorieuses et de « terroristes neutralisés », les zones rouges (Tillabéri, Tahoua, Dosso) continuent de subir des pertes régulières. La persistance des embuscades fluviales témoigne de la capacité d’adaptation des groupes jihadistes, qui exploitent la porosité des frontières et la mobilité sur le fleuve Niger.

Les familles des militaires tombés au front, les survivants et les populations des zones les plus exposées expriment une frustration croissante : un discours souverainiste d’un côté, une réalité du terrain marquée par une insécurité chronique et une gestion parfois chaotique des opérations de l’autre.

Sources : informations recoupées auprès de sources sécuritaires et locales. Cet article sera mis à jour en fonction des éléments nouveaux.

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