9 août 2026

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Massacre en ituri : les adf frappent encore, 13 civils tués et un village rasé

En pleine nuit, dans la province de l’Ituri, à l’est de la République démocratique du Congo, une nouvelle tragédie a endeuillé la région. Treize civils ont été froidement exécutés et un village entièrement ravagé par les flammes lors d’une attaque perpétrée par les Forces démocratiques alliées (ADF), groupe armé d’origine ougandaise affilié à l’État islamique. Selon les autorités locales, ce massacre s’inscrit dans une série ininterrompue de violences qui frappent les populations rurales de l’Ituri depuis des années, malgré la présence de troupes militaires régulières.

Un village décimé : signature macabre des ADF

Les assaillants, profitant de l’obscurité, ont ciblé sans distinction des familles entières, avant d’incendier systématiquement les habitations. La quasi-totalité des constructions a été réduite en cendres, forçant les survivants à abandonner leurs biens pour chercher refuge dans les localités voisines. Les méthodes employées — attaques éclair contre des cibles civiles, destruction méthodique des biens, utilisation d’armes blanches pour économiser les munitions — correspondent parfaitement au modus operandi des ADF, présentes dans le nord-est de la RDC depuis plus de dix ans.

L’Ituri, frontalière avec l’Ouganda et le Soudan du Sud, est un foyer de tensions multiples. Aux exactions des ADF s’ajoutent les conflits interethniques entre milices Hema et Lendu, ainsi que l’activité de groupes armés locaux exploitant les richesses minières artisanales. Depuis mai 2021, la province est soumise à un régime d’exception, confiant la gestion administrative à des militaires, sans que cette mesure n’ait permis de rétablir une sécurité durable.

L’opération Shujaa : des résultats en demi-teinte

Depuis fin 2021, les Forces armées de la RDC (FARDC) et leurs homologues ougandaises (UPDF) mènent l’opération conjointe Shujaa, visant à démanteler les bases arrière des ADF dans le Nord-Kivu et l’Ituri. Pourtant, après près de quatre ans d’efforts, le bilan reste mitigé. Si certaines positions rebelles ont été détruites, les combattants ont adopté une stratégie de dispersion en petites cellules mobiles, multipliant les attaques contre les villages isolés plutôt que d’affronter les unités militaires.

Cette tactique rend la riposte extrêmement difficile. Les ADF profitent des vastes forêts équatoriales, de la porosité des frontières et du manque d’infrastructures de communication pour frapper avant de disparaître. Chaque nouveau massacre alimente les critiques envers le gouvernement de Kinshasa, où l’opposition dénonce l’incapacité à protéger les populations civiles, malgré des moyens militaires importants et le début, en 2024, du retrait de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO).

Un désengagement onusien aux conséquences lourdes

Le retrait progressif des Casques bleus laisse un vide sécuritaire que les FARDC peinent à combler. Dans les provinces voisines du Sud-Kivu et du Nord-Kivu, la résurgence du M23, soutenu par le Rwanda selon les rapports d’experts de l’ONU, mobilise l’essentiel des ressources militaires congolaises. L’Ituri devient ainsi un front secondaire dans la stratégie sécuritaire de Kinshasa, alors même que les attaques y gagnent en fréquence et en intensité depuis le début de l’année.

Sur le plan humanitaire, la situation se dégrade à un rythme alarmant. Des centaines de milliers de personnes déplacées survivent dans des camps de fortune autour de Bunia, la capitale provinciale, où les organisations d’aide alertent sur les pénuries alimentaires et médicales. La destruction répétée de villages entiers, comme lors de cette attaque récente, aggrave le nombre de sans-abri et fragilise davantage l’économie locale.

Pour le gouvernement congolais, l’enjeu dépasse le simple cadre militaire. La stabilisation de l’Ituri est cruciale pour la crédibilité de l’État, la sécurisation des axes commerciaux avec l’Afrique de l’Est et l’exploitation sereine des ressources minières, parmi les plus riches du continent. Tant que les ADF conserveront leur capacité de nuisance, les investisseurs miniers et logistiques hésiteront à s’engager, privant la région des fonds nécessaires à sa reconstruction. Le bilan de cette attaque pourrait encore s’alourdir dans les prochaines heures.

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