L’union africaine réaffirme son soutien au Mali face aux menaces terroristes
l’union africaine réaffirme son soutien au Mali face aux menaces terroristes
Le président de la Commission de l’Union africaine (UA) a foulé le sol de Bamako ce week-end pour une mission de solidarité envers le Mali, un geste fort alors que le pays fait face à une crise sécuritaire majeure. Mahmoud Ali Youssouf a réitéré la détermination de l’organisation à soutenir les autorités maliennes dans leur combat contre les groupes armés, une position maintenue malgré la suspension du Mali des instances décisionnelles de l’UA depuis le coup d’État de 2021. Cette exclusion, décidée pour sanctionner la rupture de l’ordre constitutionnel, visait à accélérer le retour à l’État de droit. Pourtant, l’UA refuse d’abandonner Bamako, reconnaissant que la stabilité du Mali est un enjeu crucial pour toute l’Afrique de l’Ouest.
Pour concrétiser cette solidarité, l’UA maintient un dialogue actif avec les autorités maliennes. Elle s’appuie notamment sur le représentant spécial pour le Mali et le Sahel ainsi que sur la Mission de l’UA pour le Sahel et le Mali (MISAHEL), des structures clés pour coordonner les efforts de paix et de sécurité dans la région.
une solidarité qui doit se traduire par des actions
La visite de Mahmoud Ali Youssouf à Bamako porte un message clair : l’UA ne reste pas indifférente face à l’aggravation des violences au Mali. Le président de la Commission a exprimé une solidarité pleine et entière avec les autorités et le peuple malien, confrontés à des attaques armées répétées. Cependant, pour l’expert et militant Alioune Tine, fondateur du think tank Africa Jom Center, ces paroles doivent être suivies d’actes concrets.
« Il est essentiel que le président de la Commission de l’UA ne se contente pas d’un soutien symbolique, mais qu’il mobilise activement les ressources et les pays membres capables d’apporter une aide militaire ou logistique tangible », explique-t-il. Selon lui, une coordination accrue entre les États africains est indispensable pour renforcer les capacités du Mali dans sa lutte contre le terrorisme. « C’est précisément ce dont le Mali a besoin aujourd’hui », souligne-t-il.
les défis structurels de l’union africaine
Malgré la volonté affichée de l’UA de maintenir le dialogue avec Bamako, certains observateurs pointent les limites de son action. Le rejet par les autorités maliennes de l’Accord d’Alger de 2015 complique davantage la recherche de solutions politiques. Par ailleurs, la récente alliance entre les séparatistes du Nord et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) inquiète l’organisation, qui considère cette coalition comme une menace grandissante pour la stabilité régionale.
L’UA réaffirme sans relâche son attachement à l’intégrité territoriale du Mali tout en appelant à une intensification des efforts régionaux contre le terrorisme. Mais Aly Tounkara, directeur du Centre des études sécuritaires et stratégiques au Sahel, met en lumière les obstacles majeurs auxquels l’organisation doit faire face.
« Il est illusoire d’attendre un soutien militaire ou un partage de renseignements significatifs de la part de l’UA, alors que ses membres ne parviennent même pas à s’accorder sur une stratégie commune, encore moins à la financer. L’Union africaine reste en outre très dépendante des aides extérieures, ce qui limite considérablement son autonomie et son efficacité », analyse-t-il.
Entre les contraintes politiques internes, les divergences entre États membres et les pressions extérieures, l’UA tente de trouver un équilibre délicat entre diplomatie et action. La question persiste : cette visite marquera-t-elle un simple geste de solidarité ou annonce-t-elle un engagement plus marqué aux côtés du Mali et des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) ?
L’UA oscille ainsi entre des positions fermes en faveur de la souveraineté malienne et les réalités d’un système où les divisions internes et les dépendances extérieures freinent toute avancée majeure. Son rôle de médiateur reste plus que jamais mis à l’épreuve, alors que le Mali continue de faire face à une insécurité croissante.