L’intelligence artificielle au service de la purification de l’eau au Bénin
Un robot doté d’ia pour purifier l’eau au Bénin : une révolution technologique
À Cotonou, la capitale économique du Bénin, une innovation locale bouscule les codes traditionnels de la gestion de l’eau. Portée par la start-up SSaFE, une équipe d’experts, menée par l’ingénieure chimiste Marielle Agbahoungbata, a conçu un dispositif révolutionnaire : un robot filtreur capable de transformer l’eau polluée en une ressource utilisable, le tout grâce à l’intelligence artificielle. Plus qu’une machine, ce système s’adapte aux réalités linguistiques et socio-économiques du pays, promettant une solution accessible à tous.
Watt Air : une technologie au service de l’eau potable
Baptisé Watt Air, ce robot-pilote incarne une avancée majeure dans le domaine du traitement de l’eau. Son atout ? Une intelligence artificielle capable d’analyser la composition de l’eau en temps réel et de déterminer son usage optimal : irrigation, lavage ou consommation humaine. Comme l’explique Marielle Agbahoungbata, cette approche permet une gestion ultra-précise des ressources, limitant le gaspillage et optimisant chaque goutte disponible.
« Grâce à cette technologie, nous réduisons considérablement le temps et l’énergie nécessaires à la purification de l’eau. L’IA ajuste la quantité de réactifs avec une précision inégalée, comme un geste chirurgical », souligne-t-elle. Une solution d’autant plus cruciale dans un contexte où les ressources hydriques se raréfient et les coûts de traitement explosent.
Une interface accessible à tous, même sans instruction
L’un des défis majeurs en Afrique subsaharienne reste l’accès à l’éducation. SSaFE a relevé ce défi en intégrant une assistance vocale multilingue à son robot. Que l’utilisateur parle Fon, Bambara, Swahili ou Wolof, le système s’adapte et répond dans sa langue maternelle. Une avancée qui ouvre la technologie à des populations souvent exclues des innovations high-tech.
Prenons l’exemple d’une mère de famille dans un village reculé : elle peut désormais recycler l’eau de sa lessive directement chez elle, sans avoir besoin de maîtriser l’écrit. « Notre objectif est que cette technologie soit utile à la ménagère comme à l’ingénieur. L’IA doit servir l’humain, et non l’inverse », insiste Marielle Agbahoungbata.
Sèmè City : un écosystème propice à l’innovation
Ce projet ambitieux a vu le jour au sein de Sèmè City, le pôle d’innovation de Cotonou. Thierry d’Almeida, directeur général de l’Institut de recherche du centre, met en avant la synergie entre mathématiciens et chimistes comme le moteur de cette solution. Soutenu par une bourse de 30 000 dollars de l’UNESCO, Watt Air incarne une preuve concrète que les réponses aux enjeux locaux émergent souvent du continent africain lui-même, avec une compréhension fine des besoins du terrain.
2027 : un déploiement imminent pour une eau plus accessible
Actuellement au stade de prototype, le robot Watt Air est en phase de maturation. L’équipe de SSaFE travaille activement à finaliser le projet pour une mise en service prévue en 2027. Pour concrétiser cette ambition, la start-up recherche des partenaires stratégiques et des financements supplémentaires afin de passer du laboratoire à une diffusion massive.
Au-delà de la prouesse technique, cette initiative rappelle une vérité fondamentale : la technologie doit être au service du plus grand nombre. Comme le résume Marielle Agbahoungbata, « une innovation n’a de sens que si elle améliore le quotidien, préserve la santé et ne laisse personne de côté, quel que soit son niveau d’éducation ou sa langue ».