20 juin 2026

Niger libéré

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Libreville dans le noir : la panne informatique qui paralyse la capitale gabonaise

La capitale gabonaise, Libreville, est plongée dans l’obscurité et la chaleur depuis plusieurs jours, victime d’une panne majeure. Ce dysfonctionnement survient à un moment particulièrement inopportun, en pleine saison chaude, où la climatisation et les ventilateurs sont essentiels au confort des habitants.

Depuis l’aube du 15 juin, les clients de la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG) se retrouvent dans l’incapacité d’acquérir des unités EDAN, ces crédits prépayés indispensables pour alimenter leurs compteurs électriques. La situation génère une frustration palpable au sein de la population.

Dans un communiqué officiel, la SEEG a reconnu un « dysfonctionnement informatique » survenu durant la nuit. Toutefois, l’entreprise n’a pas été en mesure de fournir un délai précis pour un retour à la normale, se contentant d’une vague promesse de rétablissement imminent, selon des informations circulant en fin de journée.

Face à cette impasse, de nombreux abonnés désespérés se sont rendus en masse à la direction générale de la SEEG, située au cœur de la ville. L’espoir d’y trouver une solution rapide s’est heurté à des guichets silencieux, incapables de répondre à l’urgence.

« Nous n’avons aucune information fiable. Tout le monde est contraint d’attendre que la situation se normalise », déplore Eric Ovono, un client résigné, dont le témoignage illustre bien le sentiment d’abandon et le manque de communication.

Jennifer Engouma, qui a l’habitude d’acheter ses recharges dans les agences de proximité, s’est heurtée à la même impossibilité. « On m’a expliqué que c’était un problème de connexion. Je me suis donc rendue au centre-ville, à la direction générale, mais là non plus, il n’y a pas d’unités disponibles. Cela fait maintenant quatre jours que je vis sans électricité. Les nuits sont particulièrement difficiles, car nous cohabitons avec les moustiques », confie-t-elle, visiblement épuisée.

Marceline, une autre habitante affectée, partage son indignation : « C’est insupportable, surtout avec cette chaleur accablante ! Mais nous n’avons d’autre choix que d’attendre. J’ai tenté de payer via Airtel Money, comme à mon habitude, mais la transaction n’a pas abouti. Un message d’erreur en anglais s’affiche, prouvant le dysfonctionnement du système. Ma nourriture commence à se détériorer dans le congélateur », s’alarme-t-elle, soulignant l’ironie d’un message d’erreur incompréhensible pour beaucoup, symptomatique d’un système défaillant.

Au-delà de la simple panne technique, cette situation met en lumière la fragilité des infrastructures numériques de la SEEG. À l’ère de la digitalisation généralisée, où le paiement mobile et les compteurs intelligents sont devenus la norme, une défaillance informatique suffit à paralyser des milliers de foyers, les renvoyant à une attente passive et à des méthodes de paiement inopérantes.

Alors que l’obscurité enveloppe Libreville chaque soir, tous les regards sont tournés vers les serveurs de la SEEG. L’espoir d’un rétablissement rapide est omniprésent, mais l’amertume persiste pour de nombreux résidents. La promesse d’un service fiable semble une fois de plus avoir été mise à mal par la vulnérabilité d’un système qui, à la moindre secousse, plonge la capitale gabonaise dans une inquiétante opacité.

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