Le Sénégal face à un léger recul dans les réformes de l’UEMOA en 2025
Le Sénégal face à un léger recul dans les réformes de l’UEMOA en 2025
Le marché commun de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) connaît une légère amélioration. Cependant, le Sénégal a enregistré une régression notable en 2025 concernant la mise en œuvre des réformes communautaires. Cet article explore en détail les raisons de ce recul et les défis à relever pour que le pays retrouve une dynamique positive au sein de l’UEMOA.

En 2025, le Sénégal a enregistré un léger fléchissement dans l’application des réformes, politiques, programmes et projets communautaires de l’UEMOA. Cette baisse intervient malgré des résultats jugés globalement satisfaisants par les instances dirigeantes.
La 11e Revue annuelle des réformes, politiques, programmes et projets communautaires de l’UEMOA, dont la phase politique s’est tenue au Sénégal, a révélé un taux moyen de mise en œuvre de 76,45 % pour l’année 2025. Ce chiffre marque une diminution de 2,14 points de pourcentage par rapport à l’année précédente, où le taux atteignait 78,59 % en 2024. L’évaluation de cette année a porté sur un total de 145 réformes, contre 132 lors de l’exercice précédent.
Ces conclusions ont été rendues publiques à l’issue des délibérations ayant rassemblé les représentants de l’État sénégalais et la Commission de l’UEMOA. La séance a été présidée par le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, en présence du président de la Commission de l’UEMOA, Abdoulaye Diop.
Cheikh Diba a expliqué que cette régression s’explique principalement par un recul dans la gestion des réformes liées à la gouvernance économique et à la convergence, qui ont diminué de 1,3 points de pourcentage, ainsi que par une baisse de 6,03 points dans les réformes sectorielles. Néanmoins, cette contre-performance a été partiellement compensée par une progression de 0,91 point au niveau du marché commun.
Le ministre a également précisé que les difficultés rencontrées dans le domaine de la gouvernance économique et de la convergence sont principalement dues à la transmission tardive du rapport 2024 du Guichet unique de dépôt des états financiers (GUDEF) à la Commission de l’UEMOA, lors de la revue technique.
Malgré ce bilan global en demi-teinte, plusieurs secteurs ont affiché des performances encourageantes. Des avancées significatives ont été observées dans l’harmonisation du cadre juridique, comptable et statistique des finances publiques, avec une hausse de 1,83 point de pourcentage. L’union douanière a progressé de 4,55 points, tandis que les secteurs de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche et de l’environnement ont enregistré une augmentation de 2,12 points. Le développement humain et social a connu un bond de 6,58 points, et les domaines de l’énergie et des mines ont progressé de 3,33 points.
Cheikh Diba a également mis en avant les progrès les plus notables au niveau des réformes structurelles, notamment dans les secteurs de la culture, du tourisme, de l’artisanat, de la qualité et du climat des affaires.
Des engagements fermes pour une meilleure trajectoire
Pour le ministre des Finances et du Budget, ces résultats, bien que comportant des aspects positifs, appellent à une vigilance accrue et à la mise en place de mesures correctives immédiates. Le gouvernement sénégalais réaffirme son engagement à prendre toutes les dispositions nécessaires pour consolider les acquis, améliorer les performances et remédier progressivement aux lacunes identifiées.
Selon ses déclarations, des efforts considérables restent à fournir, notamment pour finaliser les processus de validation des documents, fournir les pièces justificatives requises, et assurer l’exécution et le suivi rigoureux des programmes et projets communautaires.
La phase politique de cette revue a non seulement permis de valider les résultats techniques, mais aussi de renforcer la détermination de l’administration sénégalaise et des plus hautes autorités à appliquer les réformes de l’UEMOA.
Cheikh Diba estime que, malgré les marges de progression encore existantes, les résultats obtenus par le Sénégal s’inscrivent dans une dynamique plus large observée au sein des États membres de l’Union, où des progrès importants ont également été enregistrés dans la mise en œuvre des réformes.
Le ministre a rappelé que la consolidation de l’intégration régionale demeure une priorité absolue pour le Sénégal. Dans cette optique, les conclusions de cette phase politique seront présentées au Premier ministre Ousmane Sonko lors d’une audience qu’il accordera au président de la Commission de l’UEMOA.