29 juin 2026

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Le patronat gabonais réclame un audit de la CNAMGS et un plan d’apurement de la dette

Le Gabon Economic Forum (GEF) 2026 a rassemblé les principaux acteurs économiques du pays à Libreville le samedi 27 juin, sous l’impulsion de la Fédération des entreprises du Gabon (FEG). Cet événement marquant se distingue par son financement intégralement privé, une première depuis sa création, sans aucune subvention publique ni partenariat institutionnel majeur. Ce changement de paradigme illustre la ferme volonté du patronat gabonais d’affirmer son indépendance et d’influencer directement l’agenda des réformes économiques nationales.

Au cœur des préoccupations soulevées par la FEG se trouvent deux dossiers cruciaux : la situation financière délicate de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS) et la problématique persistante de la dette intérieure. L’accumulation de cette dernière asphyxie depuis plusieurs années la trésorerie des entreprises locales. Les travaux du forum se sont structurés autour de huit ateliers thématiques, identifiés comme des chantiers prioritaires à soumettre aux pouvoirs publics.

Un audit de la CNAMGS : l’exigence de transparence pour le Gabon

La FEG a officiellement demandé un audit complet de la CNAMGS, pilier du système de protection sociale gabonais. Cette requête n’est pas anodine. Les employeurs, cotisants majeurs de cette caisse, s’interrogent sur la qualité des services offerts et la transparence de la gestion des fonds. Plusieurs intervenants ont signalé des retards significatifs dans les remboursements aux prestataires de santé, soulevant des doutes persistants quant à la viabilité du modèle actuel.

Pour la fédération patronale, un audit indépendant est un préalable indispensable à toute réforme structurelle du secteur. La FEG estime que la clarté des comptes de la CNAMGS est essentielle pour garantir la crédibilité du futur pacte social que les autorités de transition s’efforcent de bâtir. Au-delà de l’aspect technique, cette revendication porte une dimension politique forte : restaurer la confiance entre les contributeurs privés et les institutions publiques chargées de gérer leurs cotisations.

La FEG propose un plan d’apurement de la dette intérieure gabonaise

Le second volet des discussions a abordé la dette intérieure, véritable talon d’Achille des finances publiques gabonaises. La FEG a transmis à l’État un plan d’apurement détaillé, élaboré après une concertation approfondie avec ses membres directement impactés par ces arriérés. De nombreuses Petites et Moyennes Entreprises (PME), constituant l’essentiel du tissu économique national, rencontrent des difficultés à honorer leurs propres engagements en raison des créances non recouvrées auprès de l’administration et des établissements parapublics.

Le mécanisme suggéré par les chefs d’entreprise prévoit un échelonnement des paiements, une certification préalable des créances et la mise en place d’un dispositif de suivi associant le secteur privé. Cette approche vise à éviter les écueils des précédents plans d’apurement, souvent jugés opaques et inégalement appliqués. Elle s’inscrit dans un contexte où les autorités de transition cherchent à consolider la crédibilité financière de l’État gabonais, tant auprès de ses fournisseurs nationaux que des bailleurs de fonds internationaux.

Le secteur privé gabonais en position de force proactive

Le choix de financer intégralement le GEF 2026 sur des fonds privés constitue en soi un message politique retentissant. Il marque une rupture avec les pratiques antérieures des grands rendez-vous économiques, souvent co-organisés avec la puissance publique, où la frontière entre dialogue et communication officielle pouvait s’estomper. En assumant seule la logistique et l’orientation des débats, la FEG revendique désormais un rôle de force de proposition active, et non plus de simple courroie de transmission des politiques définies par le gouvernement.

Cette nouvelle posture intervient à un moment charnière pour l’économie du Gabon, confrontée à la nécessité impérieuse de diversifier ses sources de revenus au-delà des hydrocarbures et du manganèse, à l’impératif d’assainir ses finances publiques et à la pression sociale liée à l’emploi des jeunes. Les huit ateliers du forum ont permis d’explorer l’ensemble de ces problématiques, des infrastructures à la fiscalité, en passant par l’amélioration du climat des affaires et la formation professionnelle.

Il reste désormais à observer la réaction des autorités face aux propositions formulées. La méthode adoptée par la FEG, combinant documents techniques et exigences chiffrées, place l’exécutif devant ses responsabilités : répondre de manière constructive ou s’exposer à un durcissement du discours patronal lors des prochaines échéances.

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