Le Niger prend son indépendance minière face à orano avec la tsunco sa
Le gouvernement du Niger a franchi une étape historique en annulant la concession d’exploitation d’uranium accordée au groupe français Orano Mining. Une décision radicale qui marque la fin d’une collaboration de près de cinq décennies et place désormais le pays au cœur de la gestion de ses ressources stratégiques.
une nouvelle ère pour l’uranium nigérien
Lors de sa dernière réunion, le Conseil des ministres nigérien, présidé par le général Abdourahamane Tiani, a validé la création de la Teloua Safeguarding Uranium Mining Company (TSUMCO SA). Cette société nationale remplacera la Société des mines de l’Aïr (SOMAIR), elle-même nationalisée en 2025. Un tournant qui consacre la fin du titre d’exploitation d’Orano Mining sur le site uranifère d’Arlit, exploité depuis 1978 sous un contrat de 75 ans.
Le choix du nom « Teloua » n’est pas anodin : il rend hommage à une nappe phréatique souterraine située dans la zone minière d’Arlit, à proximité de l’ancienne mine COMINAK, exploitée par Orano/Areva jusqu’en 2021. Les autorités nigériennes y voient un symbole de leur engagement à restaurer les écosystèmes sahariens, qu’elles estiment durement affectés par des décennies d’exploitation minière intensive.
un bras de fer juridique et économique
Le Niger impose désormais une redevance superficiaire de 25 millions de francs CFA par km² et par an sur les zones non exploitées de la concession d’Arlit. Une ordonnance de 2024 encadre cette mesure, mais Orano Mining refuse de s’y conformer. En septembre 2025, Niamey a adressé une mise en demeure au groupe français, sans obtenir de réponse satisfaisante. Cette absence de régularisation a servi de prétexte légal à l’annulation définitive du contrat d’exploitation.
Le gouvernement nigérien ne compte pas s’arrêter là : il exige également que Orano respecte ses obligations fiscales et environnementales accumulées depuis des années. Une exigence d’autant plus pressante que le groupe français multiplie les recours judiciaires depuis la nationalisation de SOMAIR. Selon le ministre nigérien des Mines, Ousmane Abarchi, ces procédures judiciaires visent délibérément à bloquer les exportations d’uranium nigérien sur les marchés internationaux.
des tensions accrues entre Niamey et Paris
Cette décision s’inscrit dans un contexte plus large de tensions diplomatiques et économiques entre le Niger et la France. Depuis plusieurs mois, les relations se sont tendues autour de questions de souveraineté, de coopération sécuritaire et de gestion des ressources naturelles. La création de TSUMCO SA marque ainsi une volonté claire de Niamey de reprendre le contrôle de son secteur minier, tout en envoyant un signal fort à ses partenaires internationaux.
Alors que le groupe français tente de faire valoir ses droits devant les tribunaux, le Niger se prépare à écrire une nouvelle page de son histoire minière. Une page où la gestion des ressources stratégiques, la protection de l’environnement et la souveraineté nationale priment désormais sur les intérêts étrangers.