6 juin 2026

Niger libéré

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Le Mali face à l’augmentation des violences sexuelles en zones de crise et camps de déplacés

L’insécurité persistante et les mouvements de population forcés dans les régions septentrionales et centrales du Mali exposent un nombre croissant de femmes à des risques élevés de violences basées sur le genre, a récemment mis en lumière une organisation des Nations Unies.

Selon les conclusions d’une étude menée en mai, le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) rapporte une recrudescence des agressions sexuelles au sein des camps de personnes déplacées et des régions affectées par des conflits. Parmi les formes de violence documentées figurent l’exploitation sexuelle, le harcèlement et les unions forcées.

Cette situation de vulnérabilité s’inscrit dans un cadre humanitaire extrêmement préoccupant, particulièrement dans certaines zones du Sahel central. Les femmes y sont non seulement confrontées à une probabilité accrue de violences sexuelles, mais elles souffrent également d’un manque criant d’accès aux services essentiels de santé sexuelle et reproductive (SSR).

En mai 2025, l’agence onusienne a observé une escalade des conflits armés, notamment dans les secteurs de Tombouctou, Gao, Mopti et Ménaka, caractérisée par une multiplication des assauts de groupes armés. Ces hostilités ont engendré d’importants mouvements de population supplémentaires.

Accès aux services de santé : une situation critique

Le dénombrement des personnes déplacées internes a frôlé les 380 000 individus, marquant une augmentation de près de 15 % par rapport aux 330 000 recensés en mai 2024. L’UNFPA souligne que « les femmes et les filles se trouvent au centre de ces fragilités, subissant de manière disproportionnée les conséquences de cette insécurité et de la crise humanitaire ».

Parmi les 6,4 millions de personnes nécessitant une assistance humanitaire, plus de la moitié sont des femmes et des jeunes filles. Nombre d’entre elles résident dans des régions où l’accès aux dispositifs de protection et aux soins de santé est extrêmement restreint, d’après les données de l’agence.

Actuellement, moins d’un quart des infrastructures sanitaires situées dans les zones de crise offrent des services complets en matière de santé sexuelle et reproductive, ou un soutien essentiel aux victimes de violences sexistes.

À l’échelle nationale, près de la moitié des centres spécialisés dans ces prestations demeurent inactifs. Les régions les plus durement touchées incluent Gao (76 %), Ménaka (77 %), Mopti (56 %) et Tombouctou (80 %).

Sur le terrain, les équipes de l’UNFPA déploient des efforts accrus pour renforcer leur intervention humanitaire. Elles apportent leur soutien à 86 structures sanitaires, aménagent six espaces sécurisés dédiés aux femmes et aux jeunes filles, et opèrent sept centres de services intégrés dans les zones les plus affectées du centre et du nord, comme Ségou, Mopti, Gao, Tombouctou et Ménaka.

Un déficit de financement préoccupant

Rien qu’en mai, les unités médicales mobiles ont prodigué des soins de santé sexuelle et reproductive, ainsi que des services de prévention et de prise en charge des violences basées sur le genre, à près de 3 000 individus dans les camps de déplacés. Parmi eux, 80 % étaient des femmes et des jeunes filles.

Des sages-femmes ont assuré des suivis prénataux et postnataux, ainsi que des accouchements. Parallèlement, des kits de dignité et des équipements de santé reproductive ont été acheminés vers les zones sinistrées par les inondations et les conflits.

À travers le Mali, environ 900 000 femmes et jeunes filles sont les bénéficiaires visées des programmes de santé reproductive et de lutte contre les violences sexuelles.

Malgré ces besoins criants, la réponse humanitaire demeure largement sous-financée. Sur l’appel de fonds annuel de 16,5 millions de dollars, l’UNFPA n’a perçu que 2,9 millions. L’agence se heurte ainsi à un « déficit colossal de 13,5 millions de dollars », compromettant son action auprès de milliers de femmes et de jeunes filles démunies.

Sans un apport financier additionnel et rapide, la portée et la pérennité des initiatives de prévention des violences sexuelles et des services de santé reproductive sont gravement compromises au Mali.

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