22 juillet 2026

Niger libéré

Journal en ligne nigérien engagé pour la liberté de presse, la souveraineté et l'information citoyenne.

L’armée congolaise durcit les règles contre l’usage des smartphones en zone de combat

Interdiction formelle des smartphones non autorisés au front : l’armée de la RDC alerte sur les risques pour la sécurité

Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) viennent de renforcer leur directive de sécurité pour les militaires en opération. Une mesure exceptionnelle interdit désormais l’usage non autorisé des smartphones dans les zones de combat. Cette décision fait suite à une série de violation des protocoles ayant exposé les troupes à des risques majeurs.

Pourquoi cette interdiction est-elle vitale ?

Le lieutenant-colonel Mak Hazukay, porte-parole par intérim des FARDC, a détaillé les dangers liés à l’utilisation imprudente des téléphones portables sur le front. Selon lui, un simple appareil allumé peut :

  • Révéler la position exacte des unités militaires, facilitant leur localisation par les groupes armés adverses.
  • Permettre la géolocalisation en temps réel des soldats, rendant les attaques ciblées plus efficaces.
  • Exposer les effectifs et les missions à une surveillance constante, compromettant ainsi l’efficacité des opérations.
  • Favoriser la diffusion d’informations sensibles via les réseaux sociaux ou les messageries, mettant en péril l’ensemble des troupes engagées.

« Un seul téléphone mal utilisé peut anéantir des mois d’efforts stratégiques et mettre en danger des vies humaines », a alerté le porte-parole, soulignant l’urgence de cette mesure.

Protocoles stricts à respecter par les militaires

Pour garantir la sécurité des opérations, l’état-major des FARDC exige désormais le respect scrupuleux des règles suivantes :

  • Interdiction totale d’utiliser des smartphones non autorisés en zone de combat.
  • Ne pas partager sa position, ses déplacements, ses missions ou ses effectifs sur les réseaux sociaux ou via messagerie.
  • Signaler immédiatement toute utilisation suspecte ou toute fuite d’informations pouvant nuire à la sécurité des opérations.
  • Rester concentré sur les objectifs militaires et faire preuve de la plus grande discrétion.

Les militaires sont invités à faire preuve de vigilance extrême et à privilégier les communications sécurisées uniquement lorsque cela est strictement nécessaire.

Contexte : des fuites répétées exposant les troupes

Cette mesure intervient après plusieurs incidents signalés ces dernières semaines dans les hauts plateaux de Fizi et Mwenga, au Sud-Kivu. Des vidéos et messages circulant sur les réseaux sociaux ont révélé des conditions précaires et des plaintes de soldats engagés contre la rébellion de l’AFC/M23. Ces publications, souvent réalisées sans autorisation, ont déjà fait l’objet de rappels à l’ordre répétés par l’armée congolaise.

Déjà en 2023, des vidéos similaires avaient circulé alors que les combats se déroulaient près de Goma. À chaque fois, l’état-major a dû rappeler aux soldats l’importance de la discrétion pour ne pas fragiliser les opérations militaires contre les groupes armés.

Cette directive marque donc une volonté ferme de l’armée congolaise de protéger ses troupes et de maintenir la confidentialité des informations stratégiques.

Un appel à la discipline et à la responsabilité

Le commandement des FARDC insiste sur la nécessité pour chaque soldat de comprendre que la sécurité collective dépend du respect individuel des règles. « La discipline est notre meilleure arme », a rappelé le lieutenant-colonel Mak Hazukay, invitant les militaires à adopter une attitude irréprochable sur le terrain comme dans leur communication.

Cette mesure s’inscrit dans une stratégie globale visant à renforcer la résilience des forces armées face aux menaces persistantes dans l’Est du pays.

Photo d’illustration

Copyright © All rights reserved. | Newsphere par AF themes