L’alliance du Sahel peut-elle tenir sans le Niger ? la rencontre décisive de goïta et traoré sous haute tension
La question est sur toutes les lèvres au Sahel : l’Alliance des États du Sahel (AES) peut-elle avancer sans le Niger ? Alors que le général Assimi Goïta, président du Mali, et Ibrahim Traoré, son homologue burkinabè, se retrouvent ce jeudi 5 novembre 2026 à Ouagadougou pour une visite officielle, une donnée majeure trouble le récit officiel : le président nigérien, Abdourahamane Tiani, est absent. Une absence qui interroge sur la solidité d’une alliance censée reposer sur trois piliers solides.
Quand l’absence du Niger interroge la crédibilité de l’AES
L’annonce d’une visite bilatérale entre Bamako et Ouagadougou, sans la présence du troisième membre fondateur de l’AES, soulève des questions légitimes. Pourquoi cette rencontre se tient-elle sans Niamey ? Faut-il y voir le signe d’un repli stratégique, d’un désaccord interne, ou simplement une étape diplomatique centrée sur deux acteurs ?
Les deux dirigeants, Assimi Goïta et Ibrahim Traoré, affichent une volonté affichée de renforcer leur coopération militaire, économique et sécuritaire. Pourtant, l’absence du Niger, troisième membre de la Confédération, jette une ombre sur la cohésion de l’alliance. Cette séquence diplomatique, présentée comme apaisée, révèle en réalité les tensions sous-jacentes d’un projet confédéral encore fragile.
Une alliance née dans l’urgence, mais confrontée à ses limites
L’Alliance des États du Sahel, devenue Confédération en 2024, s’est construite en réponse à une crise sécuritaire et politique profonde. Ses membres ont affiché une solidarité sans faille face aux menaces régionales. Pourtant, les agendas nationaux semblent prendre le pas sur les engagements communs.
Les défis que doivent relever Bamako, Ouagadougou et Niamey sont immenses : lutte contre le terrorisme, stabilisation économique, préservation de la souveraineté face aux pressions extérieures. Mais comment avancer concrètement quand l’un des membres reste en retrait lors d’un rendez-vous aussi symbolique ?
Niamey, toujours dans la boucle malgré son absence
Si le président nigérien n’est pas présent à Ouagadougou, cela ne signifie pas pour autant que le Niger est exclu des décisions. Les mécanismes de coordination persistent, comme en témoigne la réunion des ministres des Affaires étrangères des trois pays en octobre 2026. Une preuve que l’AES reste active, même si les sommets au sommet se font plus rares.
Pourtant, le symbole reste fort. Une alliance à trois ne peut fonctionner durablement sans la participation régulière de ses trois membres. Les rencontres bilatérales, aussi importantes soient-elles, ne suffisent pas à incarner une vision stratégique commune.
La diplomatie sahelienne face à ses contradictions
Sur le plan sécuritaire, l’AES mise sur une coordination renforcée contre les groupes armés. Sur le plan économique, les échanges commerciaux entre les trois pays doivent être dynamisés. Enfin, sur le plan politique, l’alliance cherche à affirmer sa souveraineté face aux partenaires internationaux.
Cependant, ces ambitions partagées peinent à se concrétiser sans une implication constante de Niamey. Les résultats concrets dépendront désormais de la capacité des trois dirigeants à se retrouver régulièrement, sinon l’AES risque de devenir un simple partenariat virtuel, sans effectivité.
Un test pour l’avenir de la confédération
La visite d’Assimi Goïta à Ouagadougou sera donc bien plus qu’un simple échange bilatéral. Elle pourrait révéler la volonté des deux pays de maintenir une dynamique collective ou, au contraire, accélérer des rapprochements exclusifs. L’absence du Niger n’est pas anodine : elle pose une question de fond.
L’AES peut-elle survivre en tant qu’alliance crédible sans une présence constante et active de ses trois membres ? La réponse se jouera dans les prochains mois, lors des prochains sommets ou des nouvelles concertations entre les trois capitales.
Une chose est sûre : une confédération qui se veut stable et ambitieuse ne peut se contenter de demi-mesures. Ses dirigeants devront choisir, une fois pour toutes, entre des intérêts nationaux divergents et une vision commune.