14 juillet 2026

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La République démocratique du Congo s’unit au groupe Egmont pour intensifier la lutte contre le blanchiment d’argent

La Cellule nationale des Renseignements financiers (CENAREF) de la République démocratique du Congo a franchi une étape décisive en intégrant officiellement le Groupe Egmont. Ce réseau mondial rassemble les unités de renseignement financier de 170 nations, formant une alliance puissante dans le combat contre les flux monétaires illicites. L’adhésion de Kinshasa à cette entité, souvent qualifiée d’« Interpol » de la lutte contre le blanchiment d’argent sale, a été confirmée par une communication émanant du ministère des Finances.

Le rôle primordial du Groupe Egmont consiste à orchestrer l’échange sécurisé de renseignements entre les cellules de renseignement financier, qu’il soit sollicité ou spontané, particulièrement lorsque des transferts internationaux suscitent des soupçons. Pour la CENAREF, cette opportunité représente un atout majeur, lui permettant de solliciter directement ses homologues étrangers afin de pister des flux financiers complexes. Cela inclut, par exemple, des capitaux ayant transité de Kinshasa vers des hubs financiers comme Dubaï, souvent perçue comme une « machine à laver » globale, avant d’être réorientés vers des comptes bancaires en Europe.

Pour le gouvernement congolais, cette intégration dépasse largement la simple adhésion à un réseau international. L’Agence de coopération allemande (GIZ), partenaire engagé dans le renforcement des capacités de la RDC face aux flux financiers illicites, estime que le pays subit des pertes annuelles avoisinant les 9 milliards de dollars. Ces sommes colossales sont attribuables au blanchiment d’argent, à la corruption endémique et au commerce illégal, des pratiques qui détournent des ressources essentielles des circuits officiels et amoindrissent considérablement les capacités de financement des services publics.

Le diagnostic des risques élaboré par les autorités congolaises met en lumière des menaces prépondérantes, notamment le détournement de fonds publics, la corruption et le commerce illégal de matières premières. Le secteur minier, en particulier, est identifié comme étant extrêmement vulnérable en raison des difficultés inhérentes à la traçabilité de certaines productions et de l’opacité persistante des circuits de commercialisation.

L’or artisanal congolais constitue une source d’inquiétude majeure. En 2024, la République démocratique du Congo n’a officiellement exporté que 1,7 tonne d’or artisanal, pour une valeur de 128 millions de dollars. Cependant, une part significative de cette production continuerait de s’échapper du pays via des filières informelles. Ces flux illicites transitent notamment par des pays voisins comme le Rwanda et l’Ouganda avant d’atteindre les marchés internationaux, avec Dubaï comme destination privilégiée.

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