30 juin 2026

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La RDC lance une unité spéciale pour la sécurité de ses mines

La RDC lance une unité spéciale pour la sécurité de ses mines

Le gouvernement congolais négocie avec une société privée pour former 20 000 agents dédiés à la protection des zones d’exploitation minière.

République démocratique du Congo | Exploitation minière | Paul Gazabe Nbanze

Cette initiative s’intègre dans une vaste réforme visant à améliorer la gouvernance du secteur minier. Les 20 000 agents, actuellement en cours de formation, auront pour mission de protéger les grandes exploitations, d’encadrer les mines artisanales et de renforcer la traçabilité des exportations de minerais.

Pour l’heure, le gouvernement congolais n’a pas divulgué le nom de la société privée chargée de former cette unité paramilitaire.

Le début de la formation des gardes miniers est prévu pour septembre, avec un premier déploiement du bataillon pilote dans la région du Katanga en janvier 2027.

Si l’armée et la police sont traditionnellement présentes autour des sites miniers, certaines provinces comme le Lualaba emploient déjà des agents de sécurité privés. Ces personnels locaux sont recrutés et formés sur place par des entreprises agréées par les services de sécurité.

Henri Kasongo Mutata, coordonnateur de la commission diocésaine des ressources naturelles et de l’environnement au Lualaba, confirme cette pratique.

« Actuellement, la sécurisation des sites miniers au Lualaba est assurée par la police des mines, en collaboration avec diverses sociétés de gardiennage. Les titulaires miniers font également appel à des gardes privés pour protéger leurs concessions. »

La sécurisation des mines en RDC (audio)

Vers des mines moins criminogènes

La République démocratique du Congo dispose de vastes réserves de cuivre, cobalt, étain, coltan, or, lithium et zinc. Bien que des accords aient été signés avec des entreprises étrangères, notamment américaines, pour exploiter ces ressources, certains sites demeurent inaccessibles en raison du conflit persistant dans l’est du pays. C’est notamment le cas de la mine de coltan de Rubaya, l’une des plus importantes au monde, actuellement sous le contrôle des rebelles de l’AFC-M23. Crispine Ngena, activiste écoféministe spécialisée dans la participation des femmes à la gestion des ressources naturelles, exprime son inquiétude.

« Le principal problème est la militarisation des sites. Dans ces zones de non-droit, il n’y a ni respect des droits ni application des normes. Ensuite, l’État congolais a-t-il vraiment les moyens de rendre les mines moins criminogènes et d’obliger les entreprises étrangères à respecter les normes et les droits, notamment ceux des peuples autochtones et des femmes, dans ces régions déjà livrées à elles-mêmes ? »

Par ailleurs, depuis plusieurs mois, des équipes de sécurité privées liées à Erik Prince, fondateur de l’ex-société Blackwater, sont déployées dans plusieurs mines près de Kolwezi et Kisangani, dans les provinces du Lualaba et de la Tshopo. Leur mission consisterait à sécuriser les sites, améliorer la collecte des taxes et lutter contre la contrebande.

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