17 juillet 2026

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La nouvelle présidente Fujimori confirme le soutien du Pérou au plan du Maroc sur le Sahara

La nouvelle présidente Fujimori confirme le soutien du Pérou au plan du Maroc sur le Sahara

  • Keiko Fujimori, présidente élue du Pérou, confirme à l’ambassadeur du Maroc son soutien à la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU
  • Cette décision rompt avec plusieurs décennies de rapprochement avec le Polisario de la part des précédents gouvernements péruviens
  1. Soutien au plan d’autonomie pour le Sahara
  2. Rupture avec l’ambiguïté antérieure
  3. Nouveau rapprochement avec le Polisario
  4. Offensive diplomatique du Maroc

La nouvelle présidente péruvienne, Keiko Fujimori, a commencé à tracer clairement certaines grandes lignes de sa future politique étrangère au cours de ces premières semaines qui ont suivi son élection très disputée à la tête du gouvernement.

L’une d’entre elles concerne la position sur l’intégrité territoriale du Maroc, une question qui a été mise en avant à la suite de la visite de l’ambassadeur du Maroc au Pérou, Amine Chaoudri, porteur d’une lettre de félicitations du roi Mohamed VI à la nouvelle présidente.

Soutien au plan d’autonomie pour le Sahara

Selon les informations fournies par le bureau de la présidente élue, lors de la rencontre avec l’ambassadeur marocain à Lima, la nouvelle présidente lui a fait part de la décision de son gouvernement de soutenir l’intégrité territoriale du Maroc et son plan d’autonomie pour le Sahara.

Mme Fujimori a également exprimé le soutien de son gouvernement à la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui considère l’initiative marocaine d’autonomie comme une base permettant d’avancer vers une solution définitive au différend régional.

Au cours de cette rencontre, l’ambassadeur du Maroc a remis à Mme Fujimori une lettre signée par Mohammed VI, dans laquelle le monarque marocain indiquait : « À l’occasion de votre élection à la présidence de la République du Pérou, j’ai le plaisir de vous adresser mes plus chaleureuses félicitations pour la précieuse confiance que vous avez su gagner auprès du peuple péruvien afin de promouvoir le développement et la prospérité. »

Le souverain saluait également « les excellentes relations qui unissent le Royaume du Maroc et la République du Pérou, fondées sur une solide amitié, une considération mutuelle et des valeurs communes », et s’engageait à œuvrer « dans le but de donner un nouvel élan à ces relations, en les faisant évoluer vers un stade de partenariat multilatéral, au bénéfice de nos deux peuples amis ».

<p>La candidata presidencial conservadora Keiko Fujimori reacciona ante los primeros resultados de la segunda vuelta contra el candidato de izquierda Roberto Sánchez, en Lima, Perú, el 7 de junio de 2026 – REUTERS/ ALESSANDRO CINQUE</p>
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<h2 id=Rupture avec l’ambiguïté antérieure

La position exprimée par la nouvelle présidente Fujimori revêt une importance particulière et a été interprétée par les analystes comme un geste visant à marquer une rupture avec les gouvernements péruviens qui l’ont précédée sur la question du Sahara, lesquels se caractérisaient par leur ambiguïté, voire par leur soutien résolu au Polisario.

Il faut remonter au deuxième mandat du président Fernando Beláunde Terry (1980-1985), dont le gouvernement a reconnu, en 1984, la République arabe sahraouie démocratique (RASD) autoproclamée.

Son successeur à la tête du gouvernement péruvien, Alan García, a établi des relations diplomatiques avec cette entité en 1987. Ces relations se sont maintenues jusqu’en 1996, date à laquelle le président de l’époque, Alberto Fujimori, père de l’actuelle présidente, a décidé de les suspendre.

La situation est restée telle que Fujimori l’avait laissée pendant les 25 années suivantes, au cours desquelles se sont succédé les présidences de Valentín Paniagua, Alejandro Toledo, le second mandat d’Alan García, Ollanta Humala, Pedro Pablo Kuczynski, Martín Vizcarra, Manuel Merino et Francisco Sagasti.

Nouveau rapprochement avec le Polisario

Au cours du bref mandat de Pedro Castillo (juillet 2021-décembre 2022), le président a renoué, en septembre 2021, les relations diplomatiques avec le Front Polisario.

Cette décision controversée a été annulée en août 2022 par le ministre des Affaires étrangères Miguel Ángel Rodríguez Mackat, qui a annoncé le retrait de la reconnaissance et la rupture des relations avec l’entité séparatiste sahraouie, tout en exprimant son respect pour l’intégrité territoriale du Maroc.

Cependant, le président Castillo lui-même a désavoué son ministre et a renoué les relations avec le Polisario. À peine quelques mois plus tard, le président Pedro Castillo a été destitué après avoir tenté un coup d’État qui lui aurait permis de se maintenir au pouvoir.

Malgré cela, sa successeure, Dina Boluarte, a maintenu le statu quo pendant les premiers mois de sa présidence, jusqu’à ce qu’en septembre 2023, elle suspende les relations diplomatiques avec le Polisario, sans pour autant retirer la reconnaissance accordée en 1984 par Fernando Belaúnde Terry, ni soutenir le plan d’autonomie marocain pour le Sahara, conservant ainsi une position ambiguë sur la question.

Ses successeurs, José Jeri et José María Balcázar, ont eu des mandats si courts qu’ils ne se sont même pas penchés sur la question. Aujourd’hui, l’arrivée de Fujimori va marquer un retour à la position adoptée par son père en 1996, et ira même plus loin, en soutenant à la fois l’intégrité territoriale du Maroc, sa souveraineté sur le Sahara, l’initiative d’autonomie et la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU.

<p>Nasser Bourita junto al presidente del Parlamento Andino, Gustavo Pacheco Villar, quien expresó su pleno apoyo a la integridad territorial y la soberanía de Marruecos sobre todo su territorio, incluida la región del Sahara – PHOTO/@MarocDiplomatie</p>
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<h2 id=Offensive diplomatique du Maroc

Le changement de position du Pérou est également lié à l’intense activité diplomatique déployée par le Maroc en Amérique latine, où le Front Polisario bénéficiait de nombreux soutiens.

Cette activité diplomatique du Maroc, qui a notamment pris la forme d’une coopération économique, culturelle et universitaire, a permis d’établir des relations étroites avec divers pays, mettant ainsi en avant son rôle stratégique de porte d’entrée vers le continent africain, l’Europe et le monde arabe.

En conséquence, de nombreux pays qui avaient reconnu la République arabe sahraouie démocratique autoproclamée ont suspendu cette reconnaissance ou leurs relations diplomatiques. C’est le cas de la Colombie, du Guatemala, du Paraguay, de la République dominicaine, d’Haïti, de la Jamaïque, du Salvador, de la Guyane, de l’Équateur et du Panama.

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