21 mai 2026

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La Côte d’Ivoire inaugure un master novateur pour la transition écologique et le développement durable

L’Institut National Polytechnique Félix Houphouët-Boigny (INP-HB), par l’intermédiaire de son Centre d’Excellence Africain (CEA VALOPRO), a officiellement inauguré le Master Économie Circulaire, Transition Écologique et Développement Durable (ECOTEDD). Ce lancement s’est déroulé lors d’un séminaire inaugural organisé à Angré, le samedi 16 mai 2026.

Cet événement majeur, placé sous le thème « Afrique durable, Côte d’Ivoire résiliente : RSE et économie circulaire comme leviers d’un nouveau modèle de développement », a rassemblé une diversité d’acteurs. Experts nationaux et internationaux, décideurs publics, représentants du secteur privé et partenaires techniques ont échangé sur les défis cruciaux de la transition écologique et la refonte des modèles économiques en Afrique.

Le Professeur Benjamin Yao, coordonnateur du CEA VALOPRO, a souligné l’importance stratégique de cette formation. Son objectif est d’offrir un « contenu à forte valeur informative » et de faciliter l’accès des médias à des spécialistes reconnus, contribuant ainsi à la vulgarisation des enjeux environnementaux.

Les divers panels ont permis de dresser un panorama détaillé des défis environnementaux auxquels le continent est confronté. Parmi ceux-ci figurent la gestion des déchets, la déforestation galopante, la nécessité d’une transition énergétique efficace et les obstacles rencontrés pour accéder aux financements climatiques.

Pour le Professeur Benjamin Yao, l’économie circulaire représente une solution particulièrement adaptée aux réalités africaines. Il a affirmé que « L’économie circulaire, c’est une économie de la conservation de la valeur. Ce que nous appelons déchets aujourd’hui peut devenir une richesse demain », illustrant ses propos par des exemples concrets de valorisation dans les filières agricoles, notamment celles de l’anacarde et du cacao.

Abordant les modèles de développement, il a insisté sur l’impératif d’une approche locale et contextualisée. « Nous ne devons pas copier les modèles occidentaux. Nous devons développer des solutions adaptées à nos réalités africaines, des solutions simples, efficaces et durables. »

Les discussions ont également mis en lumière les lacunes actuelles de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE), dont l’intégration reste souvent superficielle dans les stratégies organisationnelles. Plusieurs intervenants ont rappelé que « La RSE devient progressivement un critère d’accès aux marchés publics », exhortant les entreprises à dépasser la simple communication pour ancrer réellement ces principes dans leur gouvernance.

Concernant les financements climatiques, les experts ont relevé un paradoxe : des ressources substantielles existent, mais leur mobilisation s’avère complexe. « Les fonds existent, mais les procédures sont lourdes et techniques. Il est essentiel de former des compétences locales capables de monter des dossiers conformes aux standards internationaux », ont-ils précisé.

Prenant la parole au nom des étudiants, Abraham Bosson, délégué de la première promotion, a affirmé l’engagement de ses camarades à jouer un rôle actif dans la transformation des modèles de développement. « Nous croyons en une Afrique capable d’innover, de valoriser ses ressources locales et de bâtir un développement durable adapté à ses réalités », a-t-il déclaré. Il a également souligné la responsabilité de sa génération : « Nous avons une responsabilité historique : devenir des acteurs du changement, capables de porter des projets innovants et durables au service de nos pays. »

Dans une perspective résolument orientée vers l’action, il a précisé que le Master ECOTEDD va au-delà du cadre académique. « L’objectif n’est pas seulement d’apprendre, mais d’impacter concrètement nos entreprises, nos institutions et nos communautés. »

Accessible en ligne et caractérisé par sa sélectivité, ce programme de deux ans vise à former une nouvelle génération d’experts. Ces professionnels seront spécialisés dans la valorisation des déchets, la RSE, la finance climatique et le montage de projets environnementaux, avec une forte dimension pratique et professionnelle.

À travers cette initiative, l’INP-HB s’engage à former un capital humain qualifié, capable de répondre efficacement aux enjeux du développement durable en Côte d’Ivoire et, plus largement, en Afrique.

Selon les organisateurs, le prochain appel à candidatures est attendu dans les semaines à venir. Cette démarche vise à amplifier la dynamique en faveur d’une économie plus circulaire, inclusive et résiliente sur le continent.

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