21 juillet 2026

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Sécurité au Burkina Faso : l’échec qui pèse sur le quotidien des burkinabè

Le Burkina Faso sous le feu des critiques : quand la sécurité fait défaut

Autrefois salué pour sa stabilité relative, le Burkina Faso est aujourd’hui confronté à une crise sécuritaire sans précédent. Cette évolution brutale interroge les Burkinabè, qui comparent avec amertume le passé au présent. Les années sous Blaise Compaoré, marquées par des tensions politiques mais une relative sécurité, contrastent fortement avec la situation actuelle sous la gouvernance du capitaine Ibrahim Traoré.

Un héritage contrasté : entre critiques et sécurité relative

Le régime de Blaise Compaoré, bien que critiqué pour son autoritarisme et son refus de l’alternance démocratique, bénéficiait d’une image de stabilité. Les Burkinabè pouvaient circuler librement, cultiver leurs terres et commercer sans craindre les attaques. Le terrorisme, qui allait plus tard dévaster le Sahel, n’avait pas encore plongé le pays dans une spirale de violences. Pourtant, ces progrès en matière de sécurité ne suffisaient pas à masquer les dysfonctionnements d’un système politique verrouillé.

Mais aujourd’hui, la priorité absolue d’un État — assurer la sécurité de ses citoyens — semble s’être effacée. Les attaques répétées, l’isolement de certaines localités et la peur qui s’installe au quotidien ont remplacé la tranquillité d’antan. Pour les Burkinabè, le débat politique perd de son sens lorsque la survie même est en jeu.

Ibrahim Traoré : entre promesses et réalités sur le terrain

Depuis le changement de régime en 2022, les autorités militaires ont promis une reconquête territoriale et une réponse plus ferme aux groupes armés. Pourtant, malgré les communiqués triomphalistes, la situation sur le terrain reste préoccupante. Des axes routiers restent dangereux, des villages sont toujours assiégés, et les forces de défense peinent à endiguer la menace. Pour une partie de la population, ces annonces officielles peinent à se traduire par une amélioration tangible.

Le constat est accablant : des milliers de Burkinabè préfèrent fuir leur foyer plutôt que de risquer leur vie. Chaque semaine, des familles abandonnent leurs terres, leurs commerces et leurs maisons, cherchant refuge soit dans des zones plus sûres du pays, soit à l’étranger. Ce mouvement de population silencieux et massif est le symptôme le plus criant de l’échec des politiques sécuritaires actuelles.

Souveraineté et sécurité : deux notions indissociables

Le capitaine Ibrahim Traoré mise sur un discours axé sur la souveraineté nationale, la rupture avec les anciennes puissances et l’unité patriotique. Ces thèmes trouvent un écho auprès d’une frange de la population, lassée des ingérences extérieures. Cependant, la souveraineté ne se limite pas aux déclarations politiques. Elle se mesure aussi à la capacité d’un gouvernement à protéger ses citoyens et à exercer son autorité sur l’ensemble du territoire.

Un paradoxe frappe les observateurs : ceux qui dénonçaient avec virulence l’autoritarisme de Blaise Compaoré se montrent aujourd’hui bien plus indulgents envers les résultats obtenus sous Ibrahim Traoré. Ce double standard alimente un sentiment d’injustice et de traitement inégal selon les régimes. Pourtant, pour les Burkinabè, la question reste simple : un État est-il légitime si ses citoyens ne peuvent plus vivre en paix ?

Le bonheur national se mesure à l’aune de la sécurité

Le bonheur d’une nation ne se décrète pas. Il se construit au quotidien, dans la tranquillité des villages, la fluidité des routes, l’accès à l’éducation et la prospérité des marchés. Quand des familles sont contraintes de quitter leur foyer pour survivre, quand des agriculteurs abandonnent leurs champs par peur des attaques, quand des enfants ne peuvent plus aller à l’école sans risque, le discours politique perd toute crédibilité.

L’histoire jugera moins les promesses que les actes. Et pour les Burkinabè, la priorité est claire : avant toute chose, un gouvernement doit garantir la sécurité de son peuple. Tant que des milliers de citoyens continueront de fuir leur pays ou leurs régions, le bilan du régime actuel restera incomplet. Car une nation ne peut prétendre au bonheur tant que sa population vit dans la peur.

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